Le Docablock Blog!

Information-documentation, éducation, le Docablock se veut un outil de travail pour le CAPES externe de DOCUMENTATION: information, analyse et débats.

26 avril 2008

Avec PMB, retour aux sources?

PMB (sigle parfois traduit par Petite et Moyenne Bibliothèque ou PhpMyBibli) est un logiciel libre (=open source) et gratuit (=0 euro) dont les bases ont été posées par un bibliothécaire dès 2002. L' académie de Rennes, dont les CDI tournaient jusqu'à présent avec le logiciel Superdoc, l'a adopté en 2006. C'est un SIGB (système intégré de gestion de bibliothèque). Destiné à l'origine au monde des bibliothèques, il est basé sur la norme UNIMARC. Il a déjà intégré le langage XML, voué à devenir incontournable dans les échanges entre structures documentaires dans les prochaines années. Il permet également  l'importation et l'exportation des Mémonotices de Poitiers, l’intégration de notices issues de la BNF, du SUDOC via Z3950, la récupération de notices Amazon, de tout entrepôt OAI...

Distribué sous la licence libre CeCILL,  le logiciel tourne sur tout système d'exploitation (Windows, Linux, Mac...) . 

La structure se fonde sur  un serveur Web (généralement Apache), une base de donnée MySQL et le langage  PHP (disponible sous Windows dans le pack logiciel EasyPHP): le poste de travail informatique est donc transformé  en serveur web, le logiciel s'exécutant sur le serveur: full web, il est donc manipulable uniquement avec votre navigateur préféré. Mais pas de soucis pour mettre votre catalogue en ligne: l'un des grands avantages d'un OPAC (Online Public Access Catalog) à l'heure où l'on parle de système d'information et de multipolarité du CDI. La base documentaire pourra donc être entièrement consultable sur l'intranet de l'établissement (dans les salles informatiques par ex.), via l'ENT ou directement sur Internet.  Mais pas uniquement la base, puisque les fonctions utilisateurs (et administrateur d'ailleurs) migrent entièrement en ligne:  recherche documentaire donc, mais aussi consultation de son compte lecteur, réservation, historique des recherches, "étagères virtuelles" élaborées par le documentaliste pour valoriser son fonds.  Le logiciel semble  se diriger vers la direction passionnante des bibliothèques 2.0 (bientôt CDI 2.0?); je colle cet extrait du site  de l'éditeur, indiquant quelques une des nouvelles fonctionnalités développées:    
    * Demandes de prolongation des prêts par le lecteur
    * Ajout d’un commentaire, d’un mot-clé à une notice
    * Approfondissement du tri par pertinence des notices
    * Lectures associées "les abonnés ayant emprunté ce document ont également emprunté..."
..............

L'interface utilisateur (OPAC) comme l'interface administrateur (SIGB) se veulent simples d'utilisation et intuitives
Des fonctionnalités intéressantes pour l'enseignant documentaliste ont été pensées: étagères virtuelles, donc, DSI (diffusion sélective de l'information), demande de prolongation de prêts, lectures associées, ajout de commentaires aux notices, recherche élargie à des sources externes (Gallica, CNRS, base de la BDP...)...

Un mot sur l'équipe de développement, paraît-il très réactive. Le produit subit des améliorations constantes, toujours gratuites. L'assistance, en cas de soucis, doit toutefois être prévue (alors qu'avec BCDI elle est intégrée dans l'abonnement et assurée par les CRDP):  c'est la société PMB Services qui s'en charge, mais le coût est donc à prévoir dans le budget.  Toutefois, au contraire de BCDI, PMB peut très bien être utilisé sur un système d'exploitation gratuit comme Linux (à prendre en considération selon la situation informatique de l'établissement, ça peut parfois être très avantageux). Le thésaurus Motbis n'étant pas libre de droits, il faut également songer (au niveau académique, en principe) à en négocier l'utilisation.

En bref, un logiciel documentaire qui me semble relativement simple d'utilisation (par rapport à BCDI notamment), open source (donc potentiellement améliorable  par chacun... enfin presque, et adapté davantage encore aux besoins des documentalistes de terrain). Bémol:le thésaurus Motbis n'est pas encore bien intégré à l'environnement du logiciel, pour l'indexation comme pour la recherche (et de plus il ne s'agit pas de la dernière version du lexique). Comme on a souvent les défauts de ses qualités, le gros inconvénient me parait être la dépendance de la base documentaire aux aléas du Réseau....

Posté par Cyril B à 20:06 - Le carré pro - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

L'abécédaire de BCDI

kkm10 000 : c'est à peu près le nombre de CDI qui utilisent le logiciel documentaire BCDI

A comme abonnement: si l'achat du logiciel BCDI est relativement abordable (1000 euros pour un collège de 300 à 599 élèves), l'annualisation des abonnements, depuis BCDI 2006, avec des modifications mineures, pèsent sur le budget CDI et poussent même certains à regarder vers le logiciel  gratuit PMB. Mais chut, il ne faut pas le dire trop fort!

C comme CRDP Poitou-Charente: BCDI est édité par ce CRDP.

C comme Club BCDI: une communauté conséquente qui peut être un atout, en permettant le partage de ressources, la diffusion de l'actualité du logiciel ainsi que des utilitaires et une banque de données de questions/réponses.

F comme finalités pédagogiques: un logiciel documentaire dans un cadre scolaire se doit d'avoir des objectifs pédagogiques: favoriser l'autonomie de l'élève dans la recherche d'information, lui donner différentes portes d'entrée (plus ou moins complexe et correspondant à son niveau) dans la base documentaire, l'aider à se familiariser avec un thésaurus en lui fournissant une interface adaptée.  C'est la volonté de base  du projet BCDI.

I comme intégration du thésaurus Motbis: un grand avantage de BCDI est qu'il fonctionne nativement avec le thésaurus Motbis, particulièrement bien intégré dans l'environnement de travail du logiciel (contrairement à PMB par ex.).  De plus, pas de droits à négocier (le thésaurus Motbis n'est en effet pas libre de droit!!) pour l'utilisation. Les mises à jour de Motbis sont également prise en charge par le logiciel.

M comme maintenance: si l'annualisation de BCDI oblige  (si l'on veut toujours avoir la dernière version) à un abonnement  parfois onéreux, cet abonnement offre  une maintenance par les différents CRDP  (trouver des partenariats est essentiel à leur fonctionnement financier) ou rectorats. Bien utile tout de même en cas de problème.

P comme produits documentaires: le logiciel permet la constitution de bibliographie, liste des acquisitions etc...

R comme réservoirs de catalogage: BCDI permet l'import de notices à partir notamment des bases de Poitiers, comme Mémofiches, Mémodocnet, MémoElectre.... L'importation de notices de la BNF est, à ma connaissance, plus difficile (peut-être grâce à la moulinette MoCCAM?)

U comme usine à gaz: certains "détracteurs" de BCDI remarquent justement la complexité inutile, voire l'obscurité, de certaines fonctionnalités du logiciel, qui serait lourd et peu intuitif, tant pour le documentaliste que pour l'élève.   

W comme BCDI Web
: si BCDI est un logiciel qui fonctionne avant tout en local, le module BCDI Web permet la mise en ligne de la base sur l'intranet ou l'Internet. Et pas plus. En outre, cela demande  un travail spécifique (contrairement à PMB nativement full web).  Indispensable quand on parle de système d'information d'établissement scolaire, et de travail collaboratif. D'autant plus si l'on songe à la mise en place des ENT à l'horizon 2010.

CC:   par maloupictures

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23 avril 2008

Un mot... sur Motbis.

Information:le Docablock va tenter prochainement deux billets  pour  faire un point de synthèse et de comparaison autour des logiciels documentaires (très probablement) mis à disposition des chanceux qui partiront vers Boulogne-Billancourt au mois de juin. En attendant de se préparer moralement à ce défi (écrire les deux billets....), votre serviteur fait ce soir, pour lui (peut-être pour vous?) un ch'ti point sur le thésaurus Motbis,  fidèle compagnon de l'indexeur d'EPLE.

Motbis est le thésaurus de l'Education nationale, utilisé pour l'indexation dans l'ensemble des établissements de l'enseignement secondaire, ainsi que les centres du réseau Scérén. L'AFNOR définit un thésaurus comme une "liste d'autorité organisée de descripteurs et de non-descripteurs, obéissant à des règles terminologiques propres et reliés entre eux par des relations sémantiques (hiérarchiques, associatives, ou d'équivalence). Cette liste sert à traduire en un langage artificiel dépourvu d'ambiguïté des notions exprimées en langage naturel".Le but est donc de permettre une recherche d'information efficace à l'usager, en l'occurrence l'élève. Mais c'est également d'offrir un lexique spécialement pensé pour l'éducation et l'apprentissage du second degré, en abordant les domaines et thématiques que l'élève traversera dans sa scolarité: assez général pour les besoins pédagogiques de l'ensemble des élèves, et suffisamment spécialisé pour pouvoir décrire des pans plus  spécialisés des enseignements.

Motbis, disons-le sans périphrase, est un grand garçon majeur puisqu'on va fêter l'année prochaine son vingtième anniversaire (mais apparemment il est encore hébergé chez ses parents... désespérante, cette génération).  Créé par le CNDP, en 1989, il est  né  de deux autres langages: papa Thélyce (CRDP Lyon et  Grenoble) et  maman Mémobase (CRDP de Poitou-Charente, pour indexer les premières MémoFiches).  Depuis 2006, le thésaurus est développé selon une version annuelle (et qui porte le nom de cette année). La dernière version est donc Motbis 2008. Un comité d'orientation et des groupes de travail veillent en permanence pour améliorer l'édifice, notamment dans un travail de désambiguïsation des termes. De nouvelles orientations se dessinent également dans les dernières versions, notamment un effort pour adapter davantage l'outil de recherche sur le thésaurus à l'interrogateur, et de bien le distinguer de l'outil d'indexation. (Beaucoup) plus d'infos sur ce diaporama présenté sur le site Educnet.   

Posté par Cyril B à 22:26 - Le carré pro - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 avril 2008

Envie d'agir en partenariat?

Un dispositif d'aide aux projets à connaître pour le documentaliste... Je copie-colle!
"Premier programme national de soutien à l'engagement et à l'initiative des jeunes, Envie d'agir encourage, soutient et valorise l'esprit d'initiative des jeunes de 11 à 30 ans, leur créativité, leur audace et leurs talents dans tous les domaines : animation et développement local, 1ère création culturelle ou scientifique, solidarité internationale ou de proximité, volontariat, création d’activité économique… A travers ses 3 dispositifs, Envie d’agir apporte un accompagnement pédagogique, une expertise technique ainsi qu’un soutien financier pouvant atteindre 8 500 €. En 2006, 3 350 projets ont été soutenus. 42 000 jeunes ont été touchés dont plus de 13 000 bénéficiaires directs."

Un site Internet et une chaîne Daily Motion.


BANDE ANNONCE ENVIE D'AGIR
par enviedagir

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10 avril 2008

Légalisez la culture de l'information! le 8ème congrès de la FADBEN (2)

Suite et fin de ma petite synthèse  de ce dernier congrès de l'association des enseignants documentalistes de l'Education nationale: "la culture de l'information. Des pratiques... aux savoirs".... Un congrès pour une culture 100% développement durable, comme le mobilier du salon des exposants (tables, chaises, présentoirs...), entièrement réalisé en carton. Une initiative à signaler. Sachez que des documents connexes (voire annexes) ont été publiés un peu partout sur le Web: sur le site de la FADBEN, on pourra trouver le propos introductif de la présidente, Françoise Albertini, ainsi que le propos d'André Tricot (absent ce jour là, pour cause d'attente d'un heureux événement..) sur les savoirs et compétences documentaires. Sur son blog du Web pédagogique, Noël Huguen (professeur documentaliste et formateur à Angers) fait pour sa part une analyse et un premier bilan. Pour finir ce tour du Net, Olivier le Deuff, maître du diaporama  et coqueluche de toutes les étudiantes en information-documentation, communique sur son blog ses 2 préao. Mais l'essentiel reste ce moment de réflexion en commun, aux implications tout autant théoriques que pratiques. Revenons-y...


La journée du samedi s'est ouverte par une conférence de Philippe Meirieu. Envisageant la pédagogie documentaire, cette figure des sciences de l'éducation a commencé par insister sur un certain déterminisme historique et religieux, le rôle de la religion protestante et de son rapport aux Ecritures (et donc aux textes) sur l'idéologie éducative des pays anglo-saxons: en effet ceux-ci ont très tôt mis la dynamique éducative de la recherche documentaire (construction de l'intelligence et de l'autonomie de la personne) au centre du processus d'apprentissage. En France, le Messie de la documentation s'appelera C. Freinet... plus tard. Pareillement au niveau de l'éducation aux médias, la culture éducative française a bien du mal à accepter de faire rentrer les médias et l'actualité à l'école, au risque d'un véritable risque de fracture entre les cultures médiatique (celle de nombreux jeunes) et scolaire. C'est le traditionnel (pseudo?)dilemme entre les savoirs stables et déjà hiérarchisés et l'actualité, toujours en mouvement. D'où, pour Ph. Meirieu, la nécessité d'un changement de paradigme: passer de Jules Ferry à Jean Zay, ce ministre du Front populaire qui avait compris qu'on ne pouvait séparer l'éducation de l'instruction. Et d'où également la nécessité de promouvoir un certain nombre de droits de l'enfant (droit à la protection, mais aussi à l'information, à la culture, à l'acquisition d'un esprit critique etc...): ces droits, s'ils étaient respectés, imposeraient en retour  des devoirs  de la part des  industries  médiatiques  (et particulièrement de la télévision).... Un film  de la chaîne CapCanal (disponible ici) sur le travail au CDI a été diffusé ensuite.

La table ronde  qui a suivi s'intéressait aux nouveaux médias participatifs. Comment sont-ils appréhendés et utilisés par les adolescents? Olivier le Deuff a convoqué pour répondre à cette question la métaphore d'un "fantôme dans la machine" (Ghost in the shell). A l'heure en effet où les technologies évoluent plus vite que notre compréhension d'elles,  beaucoup de discours, notamment dans l'Education nationale, insistent encore sur la nécessité d'adaptation permanente, de l'élève et  de l'enseignement, face aux nouveaux impératifs des TIC. L'esprit documentaire (dans la machine ou ailleurs), au contraire, est une capacité à exister par soi-même, un esprit critique, et une démarche d'anticipation. Au delà de l'attraction des élèves ("Homo Zappiens", selon l'expression de 2 chercheurs hollandais) pour les nouveaux médias du web 2, ils doivent réussir à en saisir les possibilités éducatives et créatives.
Un point a ensuite été fait sur l'enquête Mediappro, réalisée dans 10 pays autour des pratiques médiatiques de 9000 jeunes de 12 à 18 ans, close en 2006 -et donc déjà à refaire...- : si l'on passe le détail sur ce dispositif qui nous a permis de mieux connaître les pratiques réelles des jeunes, on retiendra que si les élèves sont conscients des risques qu'ils peuvent encourir avec ces nouveaux médias, ils surestiment globalement leurs compétences dans ce domaine. Pourtant ces médias sont bien entendu porteurs d'enjeux pour la construction d'une culture de l'information.  C'est le propos d'Aurélie Aubert, doctorante en SIC. Une nouvelle donne informationnelle est à maîtriser: lassée du traitement médiatique des médias mainstream   (mass medias), une partie du public est partie à la recherche d'une façon alternative de s'informer.  Le résultat actuel: une hétérogénéité  plus grande des sources (blogs, médias participatifs etc...), mais aussi des difficultés d'orientation de l'usager dans ce nouveau paysage.  Les nécessités éducatives coulent  alors... de source:  formation  à une typologie des médias, à la déontologie et au droit......  L'Ecole doit savoir  que si les jeunes ne sont pas encore producteurs d'info (par les blogs notamment), ils risquent  fort de le devenir sous peu... à moins d'un désintérêt médiatique qui serait encore plus préoccupant.

Mais cette institution n'est pas la seule à contribuer à une éducation à l'information. C'était l'objet de la table ronde suivante (du moins celle que j'avais choisi, puisqu'il fallait faire des choix....). On y retrouvait notamment Élisabeth Noël (de l'ENSSIB/FORMIST) et Patrick Bazin, directeur de la bibliothèque publique de Lyon (2ème structure de France après la BNF). E. Noël  a donné tout d'abord un très intéressant aperçu historique des formations à la maîtrise de l'information, alors que l'on va fêter en 2009 les 10 ans du FORMIST. Une argumentation qui se base sur 2 enquêtes: 1998 et 2005. En 1998, une enquête nationale avait tenté de faire un état de l'art de l'éducation à l'information dans l'enseignement supérieur.  On notait alors un souci réel de formation (effectuée  par les "missionnaires", précurseurs  de l'éducation à l'information  dans les pays francophones: Pochet et Thirion en Belgique - =Edu'Doc -, Claire Panigel pour l'URFIST de Paris dès 1984 -date de création des URFIST: 1982-, sans oublier le GREMI -Groupe de Réflexion sur l´Enseignement des Méthodologies de l'Information-), mais seulement 1 établissement sur 2 mettant en place un dispositif effectif (équivalent de 350 élèves/établissement formés). Les années 2000 ont vu des évolutions marquantes: l'apparition de tutoriels en ligne (FORSIC -plus à mis jour depuis 2001- ou CERISE, par exemple), de référentiels de compétences (Metafor, Erudist....).  Toutes ces ressources sont régulièrement signalées par FORMIST. (Formation à l'information scientifique et technique, édité par l'ENSSIB). Nouveau bilan et évaluation des actions en 2005 par E. Noël:  on peut noter une institutionnalisation des formation (passage d'une formation facultative  à obligatoire), des textes officiels qui plaident en faveur de cela, des  formations plus nombreuses -mais plus courtes. Les URFIST sont plus visibles (sites Internet notamment), les tutoriels intégrés dans les ENT. L'éducation à l'information est partagée entre toute une communauté de compétences (bibliothécaires, enseignants, informaticiens...). Mais le bibliothécaire continue à garder sa spécificité, et une mission ambitieuse: tourner la bibliothèque vers les usagers, s'adapter aux pratiques de la génération Google (cf. Bibliothèque 2.0).
P. Bazin a quant à lui posé la situation de la lecture publique: intervention passionnante. Puisque... eh bien.... Puisque le numérique a bouleversé à la fois l'ordre du livre et les pratiques des usagers des bibliothèques, puisque le public s'est lui même qualitativement diversifié (démocratisation culturelle...), eh bien les missions des bibliothèques, qui étaient avant tout de donner accès, doivent évoluer et s'adapter aussi. La bibliothèque ne peut plus se contenter de la conservation des savoirs constitués. "Avant", la bibliothèque était le miroir d'une encyclopédie: organisée, hiérarchisée, au contenu validé. Mais aujourd'hui le savoir est de plus en plus dynamique, les usagers/consommateurs d'information deviennent également des producteurs de connaissance (cf. Wikipédia): l'ancien modèle du savoir, une pyramide où les détenteurs de la science (à la pointe) communiquaient les connaissances au reste de de la société (la base), permettant en théorie un ascenseur social et culturel, est périmé. La mission de la bibliothèque publique devient maintenant, selon P. Bazin, non d'"apprendre à apprendre", mais d'associer les usagers à la co-construction d'un espace culturel: le bibliothécaire doit jouer un rôle d'animateur dans la construction des connaissances, son expertise est là. En retour, l'usager accompagne le bibliothécaire dans la constitution de gisement de ressources: c'est, me semble-t-il, ce que l'on appelle au niveau du Web 2.0 l'UGC (User Generated Content). Une concrétisation éloquente: le Guichet du savoir  de la Bibliothèque municipale de Lyon... Les questions sont fournies par les usagers, les réponses par la bibliothèque et les bibliothécaires, elles sont de plus capitalisées  par le système d'information de la structure, qui indexe l'ensemble....! 

La conférence d' E. Broudoux, sous un intitulé qui attisait la curiosité de nos jeunes esprits émotifs ("Fluidification informationnelle et intermédiaires socio-techniques), concernait en fait  le Web sémantique (à  l'horizon). Un diaporama est disponible sur le site de la FADBEN. 

La table-ronde de l'après-midi était l'un des grands moments du congrès. Autour de JL CharbonnierPascal Duplessis, Alexandre Serres, Agnès Montaigne, Nicole Clouet, pour évoquer  des questions essentielles: "Didactique de l'information et pédagogie documentaire: quel projet curriculaire?", "Intégrer la formation aux concepts info-documentaires dans la formation des élèves", "culture et didactique de l'information: quelles relations?", parmi  6 grandes questions. 

La dernière conférence de la journée (au choix, là encore) a concerné les ENT (environnement ou espace numérique de travail), de mon point de vue à la fois outil de formation à l'information et objet de cette éducation. C'est dire si en théorie la chose intéresse les documentalistes. Mis à part les définitions et références habituelles qui ont été énoncées, on peut signaler différents éléments: bien que le ministère veuille généraliser  les ENT à l'horizon 2010, c'est avant tout un projet partenarial et local (notion de territoire) encadré par le SDET (Schéma directeur des ENT).  Une personne en charge des TICE est venu  exposé le cas  du Rhône (Ac. de Lyon et département du Rhône), où c'est l'ENT laclasse.com qui a été choisi. Il reste maintenant à diagnostiquer, évaluer, sécuriser et fiabiliser les usages d'abord, consolider et optimiser la technique ensuite, mais surtout... sensibiliser et convaincre les acteurs de participer (lutte active contre le "syndrome du nudiste"!)...


Le dimanche a vu une réflexion davantage axée sur la dimension professionnelle et l'avenir du métier. C'est là bien entendu l'intérêt de ce type de rencontre. Mais, alors que la profession compte près de 10 000 documentalistes, l'amphithéâtre n'en a pas accueilli plus de 300 ou 400 (estimation personnelle). La profession, c'est un point de vue mais il faut l'envisager, n'est peut-être pas assez mobilisée pour affirmer une position claire sur son avenir, qui maintiendrait la diversité de ses missions et accentuerait la dimension pédagogique (ce qui me semble ressortir de ce congrès); les allusions aux derniers propos de l'IGEN ont été fréquentes, mais la question pas vraiment débattue en pleine lumière: quid du métier d'enseignant documentaliste? et d'une culture de l'information dont l'enseignement ne serait ni formalisé ni reconnu par l'institution (d'où mon titre un peu provocateur) et  les modalités d'évaluation -comme l'a signalé  une intervention-  laissées à l'appréciation de chaque acteur?
Il faut toutefois le dire, l'Inspection générale, par la présence de Jean-Louis Durpaire,  n'a pas contribué à éclaircir les doutes et les interrogations, notamment de ceux qui s'apprêtent à rentrer dans le métier.
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CC:   par Rebecca (Becky/Bex) 
"The Guide".
Si le monde de l'information est  aussi tortueux que les ramifications de cet arbre, la culture de l'information  pourrait-elle se  comparer au tronc? et  la médiation documentaire à un "Guide"?   

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05 avril 2008

Domestiquer l'information: le 8ème congrès de la FADBEN (1).

Je l'avoue, je fus présent le week-end dernier à Lyon pour le dernier congrès des enseignants documentalistes qui proposait une réflexion (doucement) militante autour de la culture de l'information. Vous pouvez d'ores et déjà en lire un compte-rendu de B. Devauchelle (d'ailleurs intervenant lors de ce même congrès) dans le Café pédagogique. J'en propose ici une synthèse brève et personnelle.

Alors que l'on fête cette année les 50 ans des CDI, le terme de culture de l'information fait florès. A ma connaissance, au moins 3 congrès sur ce thème organisés en 2008. C'est que la notion de socle est elle-même à la mode (notamment à travers des enquêtes internationales comme PISA qui tentent de cerner les compétences indispensables à maîtriser pour l'élève... sans oublier le fameux Socle commun sorti de la loi d'orientation de 2005).Que faut-il donc enseigner, en matière d'informatique, d'information et de documentation, pour l'"honnête homme" du  21ème siècle? Que doit connaître le cyber-citoyen de la société de l'information? Quelle culture de l'information, donc, à maîtriser? Pour Claire Belisle, il y a  une multitude de  cultures informationnelles qui renvoient à autant de pratiques. Quel rôle, donc, de l'Ecole dans l'éducation à ces nouvelles pratiques? Le philosophe Francis Bacon opposait jadis autorité des sciences et autorité de la religion. Mais aujourd'hui, par exemple avec Wikipédia, le rapport stabilisé au savoir et au livre vacille, créant de nouveaux centres de légitimation des connaissances. L'esprit critique et la possibilité de modifier ses représentations antérieures sont fondamentaux. JF Dortier, créateur et rédacteur en chef de Sciences humaines, compare l'arrivée du Web à l'émergence de l'écriture (suivant les analyses de Jack Goody). Il s'agit pour lui d'une révolution, de l'émergence d'une 3ème culture, après celle de l'Académie (=système éducatif) et celle de la presse et de l'édition. Un tiers état culturel existe (le "pronétariat" cher à Joël de Rosnay), et le Web recèle d'une multitude de niches culturelles, véritables richesses. Ce troisième pouvoir aura des effets importants sur la presse et l'édition, mais la science, le savoir scolaire ne sont pas bouleversés, selon le journaliste. Si le cyber-prof n'est pas pour demain, notre profession souffre d'une concurrence déloyale avec le couple Google/Wikipédia. La nécessité de classer, valider le savoir, est indispensable pour pouvoir se démarquer des robots de recherche en tant que professionnels de l'information , mais plus encore celle de mettre en scène, de réenchanter le savoir, de l'humaniser en l'incarnant!
Sylvie Chevillote, conservateur à l'ENSSIB et participante à l'ERTé (groupe de recherche “Culture    informationnelle et curriculum documentaire”), nous a  ouvert quant à elle à une dimension  internationale de la réflexion autour de la culture de l'information (information literacy), autour des travaux de l'Unesco et de l'IFLA, en insistant sur le fait que la problématique n'est pas seulement éducative, mais également sociétale, économique et politique.Dans ce domaine, les USA et le Canada ont été précurseurs avec les "Bibliographic Instructions". Muriel Frisch, maître de conférence en sciences de l'éducation (IUFM de Lorraine), s'intéresse à l'aspect didactique qui  occupera une bonne part de la réflexion du congrès. Il s'agit pour l'Ecole de penser et d'enseigner "une culture qui partage et ne sépare pas", à l'heure où les évolutions des TIC sont propices à l'émergence de nouvelles utopies et religiosités (cf. Breton). Si depuis les années 90 les recherches en didactique se sont développées (dénotant une préoccupation croissante du "comment faire apprendre"), et bien que la FADBEN ait élaboré dès 1978 le manifeste "la documentation discipline nouvelle", la profession d'enseignant documentaliste s'est construite dans une spécificité, un certain "flou épistémologique" qui rapprochait la documentation de la méthodologie documentaire (sur le modèle  "spécialisation théorique" vs "compétences générales"). Quelles conséquences alors de l'enseignement aux élèves d'une culture de l'information? Une didactisation est-elle possible dans le respect de l'identité de la profession?

Mais avant de théoriser un contenu d'enseignement il est nécessaire de bien cerner les pratiques informationnelles des jeunes, car ce sont elles que l'éducation devra rendre éclairées. C'est ce que Mireille Lamouroux (ADBS) va faire dans  en convoquant diverses enquêtes sur les pratiques de lecture des jeunes. La "culture jeune"(15-19 ans) partage 3 caractéristiques fortes: c'est une génération de l'image, ancrée sur le temps présent (notion de zapping), qui se sent proche de toutes les formes de "télévision de l'intimité".  Or ces pratiques  se heurtent  à la culture scolaire (cf. l'article de Dannah Boyd  sur la génération MySpace dans MédiaMorphoses). Internet  a profondément modifié  les pratiques culturelles en général, dont les pratiques de lecture: c'est également l'avis d'Alain Giffard (président de la Mission interministérielle pour l'accès public à l'Internet), qui envisage ce bouleversement sous un angle original: celui des industries de lecture (=formatage des écrits de lecture; contrôle des pratiques culturelles; commercialisation de texte -cf. Google AdSense et AdWords) qui créent un espace de lectures industrielles avec ses risques: de nouveaux savoirs et de nouvelles ignorances en perspective... 

A suivi à cela une course effrénée derrière les petits fours, avec comme échauffement une séance de lutte autour des bouteilles de jus d'orange: c'en était fini de cette première journée de congrès.......

kkk

CC par Audry Drapier,
modifié par moi-même.

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31 janvier 2008

Ecouter, analyser, enrichir: la documentation comme création de valeur ajoutée.

 

p2p"Pour une documentation créative. L'apport de la philosophie de Raymond Ruyer", c'est le titre d'une monographie parue aux éditions de l'ADBS en 2006 (coll. Sciences et techniques de l'information), fruit de la réflexion de Sylvie Leclerc-Reynaud. Cet ouvrage a donné lieu à un compte-rendu de lecture de Claude Viry, professeur documentaliste en LP, dans la revue InterCDI datée  de nov/déc 2007. Où quand la philosophie parle à la science de l'information pour nous amener sur le terrain....

Documentation et information sont bien entendu liées; si l'information permet fonder et de justifier la documentation comme pratique, un des problèmes est que ce concept d'information ne reçoit pas de signification stable: il est au contraire polysémique. L'ingénieur des télécommunications Cl. Shannon a proposé à la fin des années 40 une définition de l'information basée sur un modèle mathématique: son schéma émetteur/canal/récepteur est célèbre. Mais ce modèle a rapidement suscité des critiques: et notamment, 3 ans après  la publication du livre de Shannon, celles de  Raymond Ruyer,  philosophe et universitaire français aujourd'hui  peu connu, mais à la réflexion riche et complexe.

Ruyer  réfuse  le schéma linéaire de Shannon, qui selon lui, ne prend pas en compte la signification inhérente au message (critique également de l'Ecole de Palo Alto, me semble-t-il). Ruyer  distingue donc nettement l'information physique ("structure") et l'information psychologique ("forme vraie") au motif que celle-ci  comporte une dimension de sens  inaliénable: de fait ce sont "les lecteurs qui donnent vie aux livres et documents", comme le dit Cl. Viry, en insufflant  de la signification  à des données, opérant un travail de transformation  qui en fera des sensations, des idées, des émotions...

On comprend bien que cette conception ne  met pas au centre  le traitement informatisé de l'information. C'est là où est l'apport de Ruyer aux pratiques de la documentation. "L'accueil de l'usager et l'instauration d'un climat de confiance" est donc primordial dans le travail du documentaliste, comme le rappelle Cl. Viry. Mais  surtout  la grande mission du professionnel de la documentation consistera dans la compréhension et l'aide à l'identification du besoin d'information de l'usager.  Il s'agit donc d'un métier de "patience", une tentative de "débusquer les vraies questions derrière les apparences".

Sylvie Leclerc-Reynaud imagine des personnages pour symboliser et concrétiser son argumentation:


2 usagers: il y a "Pierre le précis" qui a une idée claire de ce qu'il cherche et de comment le chercher. Il aura tendance à considérer les documentalistes comme des "super-techniciens" de la gestion  documentaire. Mais il n'est pas le seul: il existe aussi "Jacques le créatif", aux besoins plus flous: "les contraintes du sytème documentaire bloquent ses initiatives"; son dialogue avec le ou les documentalistes, les conseils prodigués,  lui permettront de faire émerger des pistes de recherche.

2 documentalistes: "Elmer" le technicien, adepte d'une efficacité fondée sur l'outil informatique; et "Elliott" qui utilise l'empathie dans son travail quotidien. Elliott permet de faire fructifier les idées et le besoin de départ de l'usager, de faire émerger une originalité, une plus-value à partir de la situation initiale et d'en faire sortir des solutions riches et fertiles: en cela "c'est cette dernière attitude des documentalistes que S. Leclerc-Reynaud propose de baptiser 'documentation créative'", conclut Cl. Viry.

Cl. Viry insiste sur le cas du CDI: que se passe-t-il d'autre dans un dispositif interdisciplinaire (IDD, TPE, PPCP...), quand l'élève n'a qu'une très vague idée  de ce qu'il lui faut chercher et comment? "Ces travaux requièrent, de la part des élèves, un effort d'imagination" que les enseignants doivent accompagner  et stimuler.

La valeur de la documentation, et la plus-value qu'elle apporte à l'information à l'ère des  Réseaux et de  l'information en libre accès, reste donc "cette part de conseil, d'imagination et de création", finit Cl. Viry. Une manière, comme l'a fait MF Blanquet également, d'insister sur le rôle du professionnel de l'information dans la société de la connaissance, et un angle de réflexion original et stimulant pour la profession d'enseignant documentaliste.   

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08 décembre 2007

Langages documentaires: le retour.

Une petite communication pratique pour commencer: il est vrai que mes cartes conceptuelles, que je mets en 2 formats (image-PNG et PDF), n'arrivent pas après publication sur le blog avec la résolution graphique désirée... C'est le cas pour le format image-PNG. Pour plus de netteté visuelle, je vous conseille donc de privilégier le format PDF, en utilisant le zoom jusqu'à obtenir l'angle désiré!


Retour aux choses sérieuses: les langages documentaires, 2. Dans l'épisode précédent, nous avions vu comment Bruno Menon, enseignant en sciences de l'information, avait eu l'audace d'écrire un article dans le dossier sur "L'évolution des langages documentaires" paru dans les DIE de décembre 2004. Son texte, intitulé "L'héritage classique", voulait montrer la continuité entre les langages documentaires classiques (classifications encyclopédiques, thésaurus....) et les langages documentaires qui sont développés à l'heure de la société de l'information, du document numérique et de l'Internet (classifications originales proposées par les annuaires Web, taxonomies d'entreprise sur mesure...).

Le 3ème texte du dossier est susceptible de nous intéresser fortement. Intitulé "Des fonds éditoriaux structurés pour améliorer la lisibilité du Web éducatif", l'auteur en est Nicole Rodriguez, du Scérén- CNDP (le Scérén est un réseau national justement dédié à la publication et  à  la diffusion de ressources pédagogiques...).

Petit résumé-analyse, donc...

Le document électronique sur Internet a une caractéristique double:
il peut contenir en lui-même sa description documentaire (indexation) et sa structure éditoriale (dans les métadonnées), mais paradoxalement la force des moteurs de recherche leur vient, non de cette spécificité mais de l'actualisation permanente du contenu même des pages  que permet une indexation plein texte... En effet, la recherche sur Internet met  l'usager de l'information au centre du dispositif de recherche, car c'est lui qui construit sa requête: le moteur de recherche explore alors "un fonds chaotique formé de milliards de pages et fournit d'immenses listes de résultats qu'il faut explorer un par un". On est dans une situation de bruit documentaire, toute différente du contexte de recherche dans des fonds éditoriaux locaux ou physiques: dans un CDI, dans une bibliothèque, par exemple, l'usager s'adresse à  un professionnel de la documentation qui agit comme médiateur, élabore une stratégie de recherche et explore un fonds documentaire "construit et organisé en fonction  de besoins pédagogiques" (politique d'acquisition). Cela donne une sélection limitée de documents, mais pertinente. Comment faire pour permettre à la recherche d'information sur Internet  de se rapprocher de cette pertinence de résultats?

Jusqu'à présent, en effet, les professionnels de l'information s'occupaient de constituer et d'organiser des fonds documentaires. Cette démarche, appliquée à Internet, a donné les listes de signets (comme de la BNF ou de la BPI), les portails thématiques ou  disciplinaires, ... , mais reste d'une efficacité limitée, l'expérience des sites Educasource et Educlic, du CNDP, l'a montré: en effet, voulait-on construire un annuaire   répertoriant les unités documentaires, ou un moteur permettant l'accès au document lui-même? Aujourd'hui ces deux sites se sont fondus dans la base Educasources, qui décrit un nombre restreint de ressources pédagogiques à  l'aide de métadonnées. Ce n'est pas la direction prise par les moteurs de recherche généralistes, qui donne accès à un contenu riche et constamment mis à jour, mais avec une "intelligence" limitée: en effet l'indexation automatisée "ne peut porter que sur des éléments présents dans le texte": elle constitue des index inversés à partir de chaînes de caractères repérées par le robot ("spider"), ne traitant ni du contenu (par exemple les points du système scolaire) ni du niveau (la classe) ni de la discipline.

Pourtant des travaux visent à transformer ce Web en un Web sémantique: le moteur agirait au niveau du document lui-même (unité documentaire et non page Web), l'indexation permettrait une hiérarchisation de l'information et l'utilisation  de descriptions documentaires (thésaurus, mots-clés etc...). Chaque document pourrait devenir ainsi un "objet pédagogique" accompagné de sa description documentaire dans ses métadonnées ; d'où l'importance d'initiative visant  à en standardiser la forme, comme les "schémas de métadonnées" du Dublin Core Educative et du LOM (Learning Objects Metadata, métadonnées des objets d'apprentissage).

L'éditeur de  ressources électroniques pourrait ainsi se voir confier 2 nouvelles tâches primordiales:

  1. une fonction d'indexation, traditionnellement effectuée a posteriori par le documentaliste, qui s'intègrerait a priori, dans l'acte d'édition.
  2. en vue d'intégrer la ressource dans un "fonds éditorial partagé".

Bien entendu, des fonds à vocation éducative existent déjà: sites ministériels, CNDP, CRDP, grands sites institutionnels comme celui de la BNF etc... . Mais l'absence de règle de mutualisation des ressources empêche la constitution d'un fonds éditorial éducatif global, qui permettrait l'adéquation entre des  besoins éducatifs et une offre éditoriale. Prendre en compte l'utilisateur obligera donc l'éditeur "à inscrire ses publications dans des chartes éditoriales".

Evitons toutefois une double illusion:

  • l'idée que l'on pourrait construire un paysage éditorial convenant à la totalité du monde éducatif. Il va falloir en effet segmenter les publics, évaluer les besoins, "définir des scénarios d'accès adaptés", par exemple à partir des programmes scolaires existants et des documents d'accompagnement.
  • l'idée que l'ensemble des éditeurs de ressources éducatives électroniques va adhérer d'emblée à la mutualisation de leur fonds dans un pôle public. Toutefois on avance sur cette voie, avec notamment des bouquets éditoriaux comme le CNS (canal numérique des savoirs) et le KNE (kiosque numérique de l'éducation), que l'on peut d'ailleurs tester grâce au point d'accès Wizwiz jusqu'au début 2008.

L'Education nationale, qui est l'institution prescriptrice, a donc son rôle à jouer pour homogénéiser l'offre et la rendre adéquate aux besoins; elle le fait autour d'un projet comme le SCHENE (schéma de l'édition numérique pour l'enseignement). Elle peut également jouer un grand rôle dans la centralisation et la diffusion des ressources, dans des bases comme MURENE (mutualisation des ressources pour l'éducation, pour plus de détails voir ici).

Mais l'essentiel sera de toujours viser la simplicité d'accès (dans la recherche documentaire notamment), d'usage (nécessité de formation des usagers) et d'édition (notamment en utilisant l'intelligence artificielle pour "alléger les tâches d'indexation des producteurs de contenus")....library_research

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05 décembre 2007

La galaxie des langages documentaires

jupiter_and_moons_compositeVoici une carte conceptuelle que j'ai réalisé pour mettre au clair et mémoriser les principaux langages documentaires. Le schéma n'est pas exhaustif; il ne contient aucune allusion à l'indexation sociale (folksonomie), il me semble donc très "orthodoxe" pour un concours.  Alors, si  vous vous sentez seul dans l'immensité de l'univers des langages documentaires,  peut-être que cette "galaxie" vous permettra de retrouver l'"ordre du monde"...   en version "psychédélique" bien sûr...

Les_langages__documentaires

En PDF: Les_langages__documentaires

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04 décembre 2007

Journée spéciale: "Langages documentaires"

rectg_lAujourd'hui journée spéciale "langages documentaires" sur le Docablock Blog. N'oubliez pas que vous pouvez à cette occasion gagner un exemplaire de la "Dewey abrégée". Pour cela il vous suffit de m'écrire. Dites : "Langages documentaires" et répondez à la question suivante:

"Combien de postes y a-t-il cette année au CAPES externe de documentation?"      

Attention aux pièges, analysez et définissez bien les termes du sujet!


  Quelle place des langages documentaires dans l'univers informationnel du Web d'aujourd'hui? C'est à cette question de l'évolution des langages documentaires que tentent de répondre selon des points de vue différents 3 articles de fond publiés dans les Dossiers de l'ingénierie éducative, n°49 de décembre 2004. Un numéro d'ailleurs primordial pour notre réflexion (presque tous les articles nous intéressent) et intitulé "La fonction documentaire au cœur des TICE".

Internet, c'est un gigantesque réservoir  d'informations ; c'est en même temps un  espace virtuel où coexistent des milliards de documents  hétérogènes, de tailles et de qualité  différentes.  Le Web 2.0  a facilité les possibilités d'édition, multipliant  les producteurs  d'information  via les blogs et les wikis, les mettant en même temps souvent hors  de tout contexte éditorial. Les relations hypertextuelles  qui permettent de sauter  au grès de sa fantaisie d'une page à l'autre  ont remplacé  les structures  hiérarchiques et rigides des classifications  des connaissances.  Ces milliards de  pages sont maintenant  le domaine de la recherche "plein texte" rendue possible par l'indexation automatique des moteurs de recherche. Quelle pertinence de la documentation et de ses outils, et notamment les langages documentaires (classification, thésaurus etc...) dans ce contexte?

Bruno Menon est enseignant en sciences de l'information. Dans le premier des 3 articles  ("L'héritage classique"), il montre que les langages documentaires classiques gardent tout leur intérêt dans le contexte actuel et qu'il faut envisager l'évolution en terme de continuité. Jacques Chaumier, spécialiste de la question, affirmait d'ailleurs en 2000 dans Archimag que "les langages documentaires n'ont pas bougé". En effet, il n'y a pas eu de nouveauté radicale dans ce domaine depuis l'invention des thésaurus à la fin des années 50.

Toutefois, et même sans créations, l'évolution est réelle et continue. L'apparition de nouveaux langages et leur évolution s'est toujours fait par le passé en fonction de nouveaux besoins documentaires dus aux mutations culturelles ou technologiques,  qui obligeaient les professionnels de l'information à repenser l'organisation et l'accès aux connaissances. Le langage documentaire ne prospère que s'il est adapté à sa mission.

Alors que la mutation technologique induite par Internet aurait pu laissé penser à une révolution des langages documentaires, le développement très rapide de la recherche sur le texte intégral permise par les moteurs de recherche a conduit de nombreux analystes à prédire la "mort des langages documentaires"... Toutefois, ces outils qui utilisent des procédés statistiques  d'indexation  automatique, indexation opérée par des robots, n'ont pas permis de se libérer de ce pour quoi ont été inventés les langages documentaires : éviter synonymies et ambiguités du langage naturel.

D' autant plus que ces outils d'analyse linguistique ne sont pas ou peu inclus dans les moteurs de recherche  grand public, qui permettent "tout au plus de vérifier la présence ou la coprésence dans une ressource d'un ou plusieurs mots". Les grands réportoires ou annuaires du Web, comme Yahoo! Directory ou l'Open Directory Project, utilisent quant à eux un système de classification inspiré par les bonnes veilles classifications encyclopédiques style Dewey. Le principe de navigation hiérarchique est parfaitement adapté à leur mission. Malgré tout, créer sa propre classification "maison", qui préfère souvent la polyhiérarchie à la monohiérarchie (ainsi l'annuaire Yahoo! fait de la catégorie "Développement durable" à la fois une subdivision de "Développement économique" et de "Protection et préservation"... chose impensable dans la Dewey), est le plus fréquent et le plus simple, préféré par beaucoup de répertoires et de portails à la Dewey.

Cela révèle, "quand même",  un intérêt toujours vivant pour les formes de langages classiques, comme le montre également la croissance importante  des nouvelles taxonomies d'entreprise, ces "systèmes d'organisation des connaissances" mis au point au sein et pour l'entreprise : elles sont conçues pour "refléter et projeter une conception des métiers, des savoir-faire, des modes de fonctionnement de l'organisation, bref une culture d'entreprise", montrant par là que les langages documentaires sont définitivement sortis de la sphère scientifique et technique pour devenir des instruments de l'économie de l'information.

Les ontologies, enfin, sont les pierres angulaires de ce qui sera peut-être un jour le Web sémantique: "elles servent à recencer et à structurer la terminologie et les concepts d'un métier ou d'une discipline", en utilisant comme les thésaurus des relations sémantiques, mais beaucoup plus riches...  Les possibilités de développement et d'utilisation de ces ontologies semblent très prometteuses , pour décrire et organiser les connaissances, notamment sur le Web avec OWL (Ontology Web Language). Mais là encore, "c'est toujours au final l'adéquation de ces langages à leurs conditions d'usage qui en garantit la pérennité"......


La suite du dossier sans doute demain... J'essaierai également de mettre en ligne le schéma synthétique sur les langages docs

Posté par Cyril B à 19:25 - Le carré pro - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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