22 septembre 2008
Des formats ouverts et sympathiques
Voilà une petite rédaction en réaction... L'autre jour à l'IUFM une de mes formatrices, très compétente, nous disait à propos du logiciel OpenOffice.org (le .org fait partie du nom du logiciel): "j'ai fait l'effort d'essayer, mais ça ne tient pas la route face à la suite bureautique de Microsoft...". Je reconnais aux logiciels de la suite libre une certaine lenteur au lancement, et peut-être certaines fonctionnalités pointues moins élaborées que chez Microsoft (je suis loin d'utiliser toutes les fonctionnalités d'aucune des 2 suites), et encore, j'ai des doutes.... et il ne faudrait pas oublier pour les enseignants la très intéressante initiative "Education" d'OpenOffice.
Mais cette question du ou des logiciels ne doit pas masquer l'importance de la vraie problématique, selon moi, celle du format. Car les logiciels permettent avant tout de lire des fichiers (ou d'écrire des fichiers destinés à être lus).
Il est tout de même important que les personnes qui vont devoir faire comprendre aux élèves la nécessité de la pluralité dans l'accès à l'information sur le Net, la lutte contre le réflexe pavlovien Google (le moteur de recherche utilisé en France 9 fois sur 10), avec tous les problèmes de monopole que l'on connaît, réfléchissent à l'intérêt des formats de données ouverts dans une société de l'information. Des choses se jouent aussi au niveau technique, et d'elles également vont dépendre "la société de l'nformation que l'on mérite". Ahhh, culture informationelle...
D'où l'intérêt de ces pages que je viens de retrouver. Elles sont issues du site TICE coédité par le CRDP et l'académie de Versailles (une réference donc au niveau éducatif).
L'une sur l'intérêt des formats ouverts. Citation: "Si Internet est en train de révolutionner la société et est là pour faire communiquer la terre entière, c’est que nous avons des choses à échanger, partager ou au moins consommer, il est donc tout à fait absurde d’utiliser des formats de données qui, déjà, ne fonctionnent pas si on ne paye pas périodiquement un droit pour continuer à lire ses propres documents, mais surtout ne fonctionneront plus dès que la société qui édite tel ou tel logiciel ou site aura mis la clef sous la porte, parce que personne ne saura plus comment fonctionnent les fichiers qu’elle mettait à disposition". Et conclusion: "’il importe d’utiliser des formats de documents et de données ouverts et compréhensibles, qui permettent de communiquer et d’échanger en sécurité, avec une garantie de compatibilité avec autrui aujourd’hui et demain, quel que soit le système informatique utilisé, dans un contexte de diversité technologique"...
Petit point pratique:
Le format PDF est un format propriétaire créé par la société Adobe en 1993, avec d'emblée une volonté de toucher le maximum de configurations et de système d'exploitation. Depuis 2008, le PDF est une norme ISO, et un format ouvert... mais non libre ("c’est-à-dire que son créateur Adobe Systems autorise des programmes tiers à réutiliser son format.
Il se réserve cependant la propriété de nombreux brevets déposés, et donc le droit de demander des redevances. Il reste très tolérant à ce sujet" in art. PDF de Wikipédia).
RTF est un format développé par MIcrosoft dans les années 90. Il a pour but d'être facilement lisible par tous....mais ce n'est pas un format libre.
ODT (Open Document Text) désigne un format totalement ouvert. Il est actuellement utilisé (entre autres) par la suite OpenOffice. La suite bureautique en ligne de Google utilise également ce format par défaut, ce qui peut convaincre les récalcitrants à OpenOffice. Pour l'instant... A quand un format propriétaire Google (en .go ?!) rendant indispensable le passage par leurs logiciels??
Cette autre page du même site synthétise des infos sur les standards ouverts du Web. Elle peut intéresser les candidats au CAPES.
22 mars 2008
Logiciels libres et éducation (1): une conférence de JP Archambault
Voici une conférence donnée par Jean-Pierre Archambault (cellule de veille technologique du CRDP de Paris, spécialiste des logiciels libres), en 2005, à l'université de Metz. L'intégralité de la conférence (dont une partie importante, "Ressources pédagogiques libres") est disponible sur le site du CRIUM (Université de Metz). L'ensemble des vidéos que le Docablock propose atteint une durée raisonnable (35 mn).
L'association Graoulug ( http://www.graoulug.org/ ) , l'université Paul Verlaine à Metz ( http://www.univ-metz.fr/ ) et l'IUT de Metz, ( http://www.iut.univ-metz.fr/ )dans le cadre de la journée « logiciels libres pour l'éducation » ( http://www.graoulug.org/wiki/wakka.php?wiki=JourneeLibre2005 )le mercredi 16 mars 2005 présentent :
« Les logiciels libres et l'Education », une conférence de Jean-Pierre Archambault ( http://www.crium.univ-metz.fr/docs/archambault/ )
I Les Logiciels Libres (1ère partie) :
Dans cette séquence, Jean-Pierre Archambault aborde les thèmes suivants
* Définition du logiciel libre (par opposition au logiciel propriétaire) : les droits accordés à l’utilisateur et les intérêts que cela présente.
* Le modèle économique de développement du logiciel libre : pourquoi et comment peut-il être viable et efficace économiquement ? Pourquoi ce modèle de développement devrait-il être le modèle "normal" ?
* L’existence du logiciel libre produit déjà des effets positifs sur le secteur même quand les gens ne l’utilisent pas...
(Source : Framasoft http://www.framasoft.net/article1648.html)
Logiciels libres et éducation (2): une conférence de JP Archambault
I Les Logiciels Libres (2ème partie)
Dans cette séquence, Jean-Pierre Archambault aborde les thèmes suivants :
* Explication du modèle économique du logiciel propriétaire :
description de la situation actuelle, comment une situation de monopole
peut s’installer et sembler impossible à dépasser (problèmes liés aux
constructeurs, aux éditeurs de logiciels, aux formats...)
* Quelles
conditions ont permis le développement d’une alternative de qualité :
Linux ? (Efficacité technique du modèle de développement, rôle crucial
d’Internet, le soutien de Linux par de grands groupes industriels comme
arme contre le monopole)
Logiciels libres et éducation (3): une conférence de JP Archambault
II Les Logiciels Libres et l'Education (1ère partie) :
Dans cette séquence, Jean-Pierre Archambault explique l’importance de l’accord-cadre ( http://www.aful.org/education/accord.html)de 1998 entre le ministrère de l’éducation nationale et l’AFUL (http://www.aful.org/index.html)prônant l’introduction des logiciels libres dans le système éducatif et comment cet accord permet de légitimer ce type de solutions aux yeux des acteurs du secteur (collectivités locales, enseignants, ...). En effet, les logiciels libres provoquent à la fois des réactions de sympathie - leur philosophie étant proche de celle qui anime les missions de l’enseignement - mais également beaucoup de résistances, pour des raisons diverses.
Logiciels libres et éducation (4): une conférence de JP Archambault
II Les Logiciels Libres et l'Education (2ème partie) :
Dans cette séquence, Jean-Pierre Archambault aborde les thèmes suivants :
* Réactions des enseignants face au logiciel libre : sympathies, réserves liées à des impératifs pédagogiques, refus.
* Enjeux de l’introduction des logiciels libre à l’école :
o enjeux financiers et économiques : faire cesser la "rente" servie à
un monopole, économies de maintenance engendrées par de meilleures
infrastructures réseau
o enjeux démocratiques : mettre à disposition des élèves des logiciels qu’ils pourront réutiliser y compris chez eux
o enjeux pédagogiques : apprendre aux élèves à utiliser des fonctionnalités et pas des produits
* Situation du logiciel libre dans l’éducation nationale :
développement rapide dans le domaine des serveurs, rôle essentiel joués
par Mozilla (http://www.framasoft.net/rubrique227.html) et OpenOffice.org (http://www.framasoft.net/article472.html) dans la diffusion des solutions libres pour le poste de travail.
Source : Framasoft (http://www.framasoft.net/article1648.html)
Logiciels Libres et Education 2
envoyé par cua34
Firefox malin (2)
Suite de mon petit billet pratique sur les extensions du navigateur Firefox, pour ce Libre en fête 2008. La sortie dans le courant de l'année de la version 3 du navigateur s'annonce comme un moment fort. Mais d'ores et déjà, nous pouvons nous interroger sur notre rôle (d'aspirant) "expert" en information-documentation et en éducation face aux logiciels libres. Comme l'écrit Pierre Giraud, enseignant documentaliste dans l'académie de Nice, "installer tel ou tel système, tel ou tel logiciel, tel ou tel navigateur, favoriser tel moteur de recherche au détriment d’un autre c’est induire chez les élèves des habitus dont ils n’ont pas toujours conscience". Il ne faut pas régler trop rapidement son compte à la question des modalités techniques d'accès à l'information, qui sont certes simplifiées aujourd'hui, mais pas toujours connues par les usagers (l'utilisation des logiciels de Microsoft peut de ce point de vue être comparée à l'usage systématique et irraisonné de Google): il s'agit là de mon point de vue d'une partie éducative indispensable à une culture de l'information. Faire connaître aux élèves les différentes alternatives en est un minimum.
Plus que précieux pour la lecture de blogs ou du Café pédagogique, Grab and Drag reproduit la fonctionnalité d'Adobe Acrobat, qui permet de gérer la lecture de ses PDF avec une petite main: simple et génial.
Annotate Any Webpage, comme son nom anglais l'indique, permet d'annoter des pages web, et de retrouver ses annotations lors des navigations ultérieures. Seul bémol, il faut compter quelques secondes entre chaque opération.
Toujours au niveau de la prise de note sur le Net (une phase pas vraiment évidente), une extension simple et simplement efficace, Quick Note, permet d'afficher sur le panneau latéral un espace pour la prise de notes. Incontournable.
Une extension célèbre et parfaitement au point: ScrapBook. elle permet d'effectuer des copies rigoureusement exactes de toutes les pages web (utile donc pour les impressions) et de les archiver et de les classer dans une arborescence, disponible même lorsque l'ordinateur n'est pas connecté au réseau. On peut également annoter les documents, et les "tagger" pour les retrouver par la suite. L'utilisation de cette extension peut aller si loin qu'un didacticiel a été créé sur le site Framasoft.
Vous découvrez à tout bout de champ des pages Internet qui vous semblent intéressantes à lire, mais vous n'avez pas forcément le temps de le faire ni l'envie de les mettre dans vos marque-pages? Taboo est fait pour vous. Un simple clic sur l'icône et la page sera mémorisée; vous pourrez la consulter tranquillement après, en passant par une interface qui fournit un calendrier de vos coups de coeur!
Terminons avec un dernier choix personnel: Foxmarks, qui permet de sauvegarder en ligne ses marque-pages et de pouvoir les utiliser sur n'importe quel poste informatique disposant de Firefox (et de cette extension). Bien pratique pour surfer partout comme chez soi!
Voilà cette petite sélection terminée, il s'agit bien entendu d'un choix personnel et très loin d'être exhaustif: vous pouvez également chercher votre bonheur dans les différentes catégories présentées sur le site de la fondation Mozilla.
De plus, si vous connaissez ou utilisez une extension qui n'est pas mentionnée et qui pourrait être utile à l'ensemble de la communauté des Capésiens, laissez un commentaire!
21 mars 2008
Firefox malin (1)
Aujourd'hui... même si le temps n'est pas printanier, c'est la Fête du Libre; je consacre donc quelques minutes de cette soirée à promouvoir un peu le logiciel libre (puisque c'est la règle du jeu de la diffusion du libre) en mettant en lumière certaines extensions de Firefox qui peuvent nous être particulièrement utiles. Peut-être n'en connaîtrez-vous pas certaines.
Firefox est en effet un navigateur open source de conception originale: c'est d'abord un programme de base relativement simple et standardisé, mais que chaque utilisateur peut personnaliser selon ses besoins, son utilisation du Net etc... avec des plug-in (extensions au programme initial) développés par la communauté . C'est un système très efficace et puissant, mais encore faut-il réussir à trouver l'extension qui nous conviendrait dans la masse....
Les publicités qui clignotent, sur votre boîte mail, et partout ailleurs, ce n'est pas votre truc??.... Vous pouvez installer l'extension Adblock Plus qui permet de bloquer les messages publicitaires, ainsi que le gestionnaire de mise à jour. Pour moi, cette extension s'est révélée très efficace.
Le navigateur Opera est une réussite technologique indéniable. Mais on peut retrouver sur Firefox plusieurs extensions qui en font l'intérêt:
- 2 pane bookmarks permet de mieux gérer ses marque-pages si on en a en quantité: cette extension divise la fenêtre latérale en 2, la première ne contenant que les dossiers à proprement parler, la seconde tous les sites appartenant au dossier sélectionné. Il est donc plus facile de repérer et de retrouver ce que l'on cherche.
- All in one Sidebar permet de gérer beaucoup des fonctionnalités du navigateur (marque-pages, historique, gestionnaire de téléchargement etc...) à partir d'icônes sur la barre latérale.
Pour finir pour ce soir, 2 extensions qui me sont devenues indispensables, inspirées également d'Opera...
- Fast Dial permet, à chaque onglet que l'on ouvre, et au lieu d'arriver sur une page vierge, de repartir sur l'un de nos sites favoris en cliquant sur une vignette le représentant. Mieux, en installant cette extension, on peut aller sur ces sites à partir de n'importe quelle page, par des raccourcis au clavier! Allez voir les captures d'écran si mes explications ne vous éclairent pas.
- Enfin, vous en avez marre de devoir vous logger à tout moment, de remplir des formulaires? Équivalent de la "baguette magique" d'Opera, Secure Login remplit les champs des formulaires pour vous: quand le logo représentant la clef s'allume, il vous suffit de cliquer dessus, pour que, par exemple, votre identifiant, votre mot de passe et la validation de tout cela (par la touche "Entrée") se fasse automatiquement! tout ça en un seul clic! et en plus voilà qui sera plus sécurisé que si vous utilisiez les traditionnelles fonctions de mémorisation des mots de passe des navigateurs...
20 mars 2008
Célébrer... les logiciels libres!
« Avec la place toujours plus importante que prennent les technologies
numériques dans nos vies quotidiennes, les Logiciels Libres sont devenus un
véritable enjeu de société que Libre en Fête a pour objet d'amener à la portée
de tous ».
Cette phrase est de Thomas Petazzoni, membre du conseil d'administration de
l'April et de l'équipe de coordination de Libre en Fête 2008. Je dois être d'humeur paresseuse aujourd'hui, et en plus le texte est très bien rédigé.... donc je copie-colle.
"Pour la huitième année consécutive, l'initiative Libre en Fête est relancée : pour accompagner l'arrivée du printemps, des évènements de découverte des Logiciels Libres et du Libre en général seront proposées partout en France autour du 21 mars, dans une dynamique conviviale et festive.
Au travers de ces évènements, vous pourrez découvrir tous les avantages des Logiciels Libres : des valeurs d'entraide et de coopération, un bien commun accessible à tous favorisant le partage des connaissances, une communauté vivante prête à aider les nouveaux venus, etc.
Les Logiciels Libres sont également des logiciels performants, sécurisés, fiables et simples à utiliser pour un faible coût. Vous pourrez par exemple découvrir des logiciels comme la suite bureautique OpenOffice.org, le navigateur Web Mozilla Firefox ou le système d'exploitation GNU/Linux.
Vous pourrez également découvrir d'autres projets libres, comme l'encyclopédie libre et collaborative Wikipédia, ou les œuvres musicales, photographiques et littéraires sous licence libre, dont vous trouverez des exemples sur Jamendo, Dogmazic ou Flickr.
En mars 2007, près de 100 évènements avaient été proposés à l'occasion du Libre en Fête, dans 17 régions françaises. L'initiative 2007 avait par ailleurs reçu le soutien de Richard Stallman, fondateur du projet GNU et considéré comme l'un des initiateurs du mouvement du Logiciel Libre.
127 évènements sont prévus pour Libre en Fête 2008 !"
De plus, un appel à partenariat est lancé:
"Tous les groupes d'utilisateurs de Logiciels Libres, les espaces publics d'accès à Internet, les bibliothèques, les médiathèques, les clubs informatiques, et toutes les associations intéressées sont invitées à organiser des évènements dans le cadre du Libre en Fête. La coopération entre différentes structures au niveau local est vivement encouragée : les groupes d'utilisateurs de Logiciels Libres peuvent notamment apporter leurs connaissances et leur expertise en matière de Logiciel Libre, et les espaces publics d'accès à Internet sont des lieux propices à l'organisation d'évènements de découverte des Logiciels Libres.
Les évènements organisés dans le cadre du Libre en Fête peuvent prendre n'importe quelle forme. Les formes les plus courantes sont les suivantes :
- Conférences,
- Install party (« fête d'installation » ou « gala d'installation », est une réunion qui permet de faire rencontrer des utilisateurs expérimentés en matière de Logiciels Libres et les utilisateurs novices. Ces derniers, munis de leur ordinateur personnel, y trouvent de l'aide pour installer des des applications libres pour Windows ou le système libre GNU/Linux sur leur ordinateur.)
- Ateliers,
- Expositions (panneaux, photographies, etc)
- Concerts,
- Diffusions de vidéos ...
- etc ".
Pourquoi ne pas en profiter pour essayer (par exemple) sans aucun risque sur votre ordinateur le système d'exploitation GNU-Linux grâce à un Live CD, qui permet de tout tester (à partir de votre lecteur de Cd-Rom), sans rien installer?, et de bénéficier ainsi d'un environnement informatique à la pointe de toute les innovations, sûr (quasiment aucun virus), stable, extrêmement paramétrable et.... gratuit??!!!!!
19 mars 2008
Ontologique.
L'ontologie informatique ou documentaire est une notion bien complexe pour qui essaie de s'introduire d'emblée dans son univers. Pourtant on la trouve souvent pas très loin de notions comme le thésaurus, ou la liste d'autorité, et il faut sans doute être capable de répondre clairement à une question (dans l'épreuve pratique de techniques documentaires, par exemple.....!) qui nous demanderait une définition précise. Mon camarade Stefan a réussi une définition magistrale, mais les jurés réclameront peut-être moins de fantaisie....
Je m'y colle, mais tout ce qui va être dit est (très) perfectible et les commentaires seront donc les bienvenus.
Une ontologie est d'abord une représentation de connaissances. Mais cette représentation est circonscrite à un domaine précis, elle doit donc fédérer l'assentiment de la communauté des spécialistes de ce domaine. L'ontologie se compose d'une part d'une taxonomie (structuration-classement) des objets et d'autre part d'un ensemble de relations entre les objets.... comme un thésaurus, me direz-vous, sauf que ces règles sont beaucoup plus riches (raffinement, décomposition, prédication, relativité, similarité...). Comme le précise le site ARTIST (Appropriation par la recherche des technologies de l'IST) ,"une ontologie doit donc contenir une définition explicite des concepts, propriétés et relations qu’elle utilise". Cette définition, dans ce qu'elle donne de précision, sert avant tout à éliminer, à restreindre le champ possible des modalités de relation (de la même manière que dans un thésaurus l'usage d'un descripteur élimine l'emploi des synonymes): "Une ontologie restreint donc les possibilités de l’univers du discours en imposant un nombre fini de relations entre les objets relativement à un objectif ! Si l’objectif est de décrire la position relative d’un ensemble de concepts (en dessous, à côté...) on ne cherchera pas à représenter la couleur, le poids etc., des concepts traités et l’on ne sera pas capable de raisonner sur ces propriétés ou relations" (ARTIST)
. Elle peut, de plus, être organisée selon une forme graphique.
Quel intérêt, me direz-vous? L'ontologie, il me semble, est devenu est outil puissant dans une société de l'information pour décrire de façon structurée et pour pouvoir partager des pans de connaissance, dans un domaine ou un autre. C'est un outil de normalisation et de travail avant tout. En témoigne l'intérêt pour l'ontologie dans le milieu de la documentation d'entreprise (voir cette ontologie très parlante). En outre, les relations entre les objets et éléments sont devenus primordiales dans l'optique d'un web sémantique, tout autant que la description des objets: en effet, l'intérêt du web sémantique est de pouvoir lier (...relier, opposer, exclure) les ressources entre elles, de permettre aux internautes d'effectuer des recherches qui ne se limitent plus simplement aux termes, mais qui tiennent compte des relations sémantiques entre les termes. C'est dans cette optique, j'imagine, qu'à était créé en 2004 par le W3C (consortium du Web) le langage OWL (Ontology Web Language), qui s'appuie sur un ensemble de règles fixant les relations possibles entre les objets en ligne.
Pour ressituer l'importance des ontologies dans le contexte informationnel actuel, ainsi que la pertinence de tous les langages documentaires classiques, je me permets de renvoyer au compte-rendu que j'ai commis d'un article de Bruno Menon, enseignant en sciences de l'information.
23 novembre 2007
Sur un air de didgeridoo
Mind
mapping et art aborigène
Il y avait la navigation
aux étoiles, les portulans, les chemins de croix, les plans de métro et les
organigrammes. Autant de façons de parcourir des espaces entre ciel et terre,
entre imaginaire et réalité. Ce sont aussi des guides : ils nous
entraînent dans des correspondances, des relations, qui doivent faire sens
rapportées à un ensemble.
Pour qui a de fortes
tendances non-aristotéliciennes (la carte n’est pas le territoire), tout plan
renvoie au mystère de son concepteur. Ainsi par une simple carte au trésor le
fantôme de Barbe-Noire nous renvoie à un espace imaginaire empli d’abordages et
d’îles désertes.
Du Temps du Rêve à l’espace des représentations
Le conteur commence son
récit. Le sable clair qui s’écoule de ses doigts dessine des spirales, des
courbes répétées, des ondulations liminaires. Sa voix nomme les lieux, les
territoires, les acteurs du mythe. Patiemment, les points alignés tracent leurs
pas, leurs rencontres. Puis les trames se nouent, des plages se colorent, des
bifurcations apparaissent. Le conte s’assemble simultanément dans la linéarité
de la parole et sa mise en espace sur le sol. C’est ce que certains ont appelé
les « histoires de sable » propres aux Aborigènes australiens Warlpiri
du désert central ou ceux des Terres d’Arnhem. Le récit achevé, le conteur
laisse quelques instants à son auditoire pour embrasser du regard le dessin
dont le sens est enfin accompli, puis il l’efface du revers de la main, rendant
le sable au Temps du Rêve, toujours présent, où à l’origine tout était mêlé et
rien n’était nommé.
L’art contemporain
australien reprend souvent ces agencements bien reconnaissables de points et
entrelacs, nous y sommes habitués. La technique des peintures de sable est
utilisée ailleurs, mais l’origine et la fonction en sont différentes. Les peintures
de sable Navajos, en Amérique, sont des rituels de guérison secrets. Les
mandalas tibétains sont un exercice mental de concentration, et leur effacement
symbolise l’impermanence du monde. Si le conteur australien efface son dessin,
c’est parce qu’un arpenteur du bush qui n’aurait pas assisté à sa réalisation
risquerait d’en faire une interprétation erronée. Est-ce à dire qu’il lui serait
incompréhensible ? non, celui qui en partage la culture reconnaîtrait sans
doute le mythe représenté. C’est l’acte même de projection d’un univers mental
sur une représentation spatiale qui est primordial. Le dessin de sable ne mets
pas seulement en présence les éléments du conte, il en représente les
relations, les associations et les superpositions.
Pensée topologique et virtualité
Pour bien marquer la
différence entre une cartographie physique et ces projections mentales,
signalons que les Aborigènes du désert central ne dessinent pas de plan sur le
sol : dans leur culture, ce sont les chants qui traduisent les coordonnées
géographiques. Toute leur pensée est fondée sur la relation à l’espace sans fin
du désert. Ce qui n’est pas nommé n’existe pas, n’a pas de place, et pour eux
un nom est une localisation dans l’espace. Ainsi appartiennen-t-ils à leurs terres,
ce qui a permis aux colons occidentaux de déclarer que leurs terres, elles, n’appartenaient
à personne. Espace mental et espace physique sont identiques. C’est une pensée
topologique.
L’ethnologue Barbara
Glowczewski le souligne : « L'interprétation dynamique de traces visuelles et la
projection de savoirs spéculatifs dans l'espace sont la clef de la pensée aborigène. Ce système cognitif spatialisé repose sur
une vision de l'univers qui pourrait être
qualifiée de « connexionniste », car tout y est virtuellement connectable et
interdépendant »
De plus, cette
spatialisation est détachée de toute référence temporelle : il y a synchronicité
de tous les événements. Depuis 50 000 ans l’espace virtuel du Temps du
Rêve s’incarne dans ce peuple.
Il n’est pourtant pas ici
question de faire des Aborigènes australiens les précurseurs de la pensée des
réseaux ou même d’une forme de projection de type carte conceptuelle. Pas plus
que Saint-Simon, qui utilisait les notions de la médecine de son époque, en
particulier sur la circulation sanguine.
C’est d’abord une sorte de
libre association que de rapprocher le principe des peintures de sable Warlpiri
avec les représentations des systèmes sous forme de cartes conceptuelles ou
« mind mapping ». Cependant la démarche heuristique, le plaisir
d’apprendre, la facilitation de la mémorisation, ce désir d’embrasser du regard
l’étendue d’un savoir, semblent participer aux unes comme aux autres. Alors si
au détour de votre cerveau droit, au moment où vous cartographierez le paysage
de vos connaissances, vous entendez un air de didgeridoo, vous saurez que le
Temps du Rêve n'est pas si loin.


