15 mars 2008
Expansion des Univers: astrophysique ou "effet Gingembre"?
Répondons tout de suite: effet Gingembre, ou plutôt Ginger, du nom de la nouvelle version du portail personnel en ligne Netvibes. Alors que l'ancienne version (Coriandre) ne permettait "que" de se connecter à sa page personnelle, depuis n'importe quelle connexion Internet mais avec identifiant et mot de passe, cette nouvelle version met d'emblée du piment dans le monde pourtant déjà bouillant du Web 2.0 en permettant à chacun, entre autres nouveautés, de créer une page publique, avec une URL bien à elle, et permettant le partage de ressources entre internautes: ce qui s'appelle un Univers Netvibes. Vous n'êtes pas sans doute pas passé à côté de l'univers Docvibes, créé par deux élèves de l'Ecole de Bibliothécaires Documentalistes, eh bien voici que les pages publiques font foison ces temps-ci: d'abord la page de S. Mercier, auteur du blog Bibliobsession 2.0, et que JM Salaün (dans un billet où l'on apprend que ce grand chercheur n'a pas de dispositif de veille particulier...!?!) salue en termes dithyrambiques. Mais il y en a bien d'autres, qui vont d'ailleurs pouvoir travailler en réseau: citons deux préparationnaires au Capes doc, Maria et celle de l'auteur de l'excellent blog la petite Passerelle. Et déjà des utilisations dans la documentation scolaire, comme le montre le très bon portail d'actualité du lycée Fr. Truffaut....
Mais, au delà de l'intérêt de pouvoir profiter de l'expertise de veilleurs confimés, cette nouvelle version de Netvibes s'annonce intéressante dans les possibilités de partage de sources et d'infos qu'elle laisse ogurer (gestion et partages de toutes les ressources depuis la plate-forme) , comme le montre cette interview du fondateur (français) de Netvibes. Peut-être une nouvelle façon (ou l'ébauche d'une nouvelle façon) de s'informer en utilisant le modèle "push" de la veille, utilisant davantage les connaissances et l'expérience collective pour le bénéfice de chacun. Ginger, le futur del.iciou.us de la veille informationnelle?
02 février 2008
Le poids des mots, la valse des étiquettes.
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Les tags du Docablock.... et l'invitation à aller voir sur les routes de Google où ils nous mènent...
on web on site
30 janvier 2008
Des chiffres 2.0
Le numéro de la revue MédiaMorphose consacré à la culture 2.0 propose en annexe quelques données quantitatives autour de ce Web collaboratif et participatif , et particulièrement pour le paysage informationnel français.
Ainsi le site de partage de photos en ligne Flickr a connu un succès fulgurant. Né au début 2004 (pionner du Web 2, donc), Flickr c'est aujourd'hui 230 millions de photos hébergées et 4,5 millions d'utilisateurs enregistrés.
Du côté vidéo, le leader mondial est évidemment YouTube: 35 millions de vidéos d'amateurs. Son "petit frère", Daily Motion, en propose lui 350 000 (truc mnémotechnique: 100 fois moins). A noter, les Français semblent être les leaders mondiaux du visionnage en streaming (diffusion sans enregistrement sur le disque dur): 79 % des internautes s'adonnent à cette cyber-pratique, devançant même les Britanniques et les Américains -USA- (étude ComScore).
Ahhh.... le blogging.... selon le moteur de recherche spécialisé Technorati, on dénombre 50 millions de blogs dans le monde; de plus il s'en crée 2 par seconde...
La France, quant à elle, est experte en Skyblogs (rebaptisés Skyrockblogs), les blogs de la célébre radio Skyrock . Si vous aimez les sensations fortes, rendez-vous sur leur site: on y voit un compteur faire le bilan constamment croissant des créations de la journée. Et les chiffres des enquêtes le confirment: si la France occupe le 4ème rang mondial dans la pratique de blog (9 millions de blogs.. mais seulement une partie est active), 7 millions sont des Skyrock Blogs: le total des visites sur les blogs de la plate-forme en fait le 3ème site français le plus visité (derrière Google).
Toujours en France, selon une étude Médiamétrie, 3 millions d'Internautes ont créé leur propre blog. Enfin, à noter, cette même institution de mesure a créé un nouveau panel de mesure: 2 500 "mobinautes". Le téléphone mobile s'annonce comme une modalité d'accès incontournable au Web, spécifique et nécessitant des outils et des indicateurs adéquats: les enjeux financiers sont à la hauteur.
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01 décembre 2007
Petite philosophie pratique
coZop est-il
révolutionnaire ?

Pour simplifier, coZop1 se présente comme un réseau social de lecture (« social
reading ») appliqué aux blogs.
Entre presse en ligne,
blogs, agrégateurs de fils RSS et autres sources d’information, on assiste à
une course permanente entre la surabondance et les outils de filtrage qui
évitent à nos pauvres cervelles le destin d’une huître oubliée dans un four
micro-ondes. Toutefois, si la maîtrise de la sélection d’informations n’était
qu’un enjeu purement intellectuel, Google Reader n’existerait pas.
Etre informé, c’est
d’abord parvenir à être informé sur l’information. Cela nécessite une opération
de condensation qui est effectuée actuellement sous forme de flux de type RSS.
Une seconde condensation peut s’opérer grâce aux agrégateurs de flux, auxquels
on peut associer diverses fonctions d’organisation (OPML).
L’intérêt pour
l’utilisateur est d’obtenir une sélection dont il a le contrôle, sans pour
autant être fermé à tout ce qui pourrait l’aider dans ses choix ou lui
permettre de faire des découvertes. C’est sur ce second point que porte
l’évolution du web en réseau social. Dans ce domaine, bien que Google Reader se
dote de plus en plus d’outils interactifs, un modèle comme celui de Feedable semble présenter une avancée
plus significative et, disons, moins hégémonique. Feedable propose en effet un
moteur de recherche qui balaie les flux agrégés, mais aussi les blogs, les
moteurs et services de social bookmarking. Il présente aussi les tendances
actuelles des autres utilisateurs.
Alors qu’apporte de plus
coZop, à part un nom rigolo ? Connaissant les fondateurs : Bertrand
Couturier, Thierry Crouzet2
(BonWeb, Le peuple des connecteurs) et Carlo Revelli (Agoravox mais d’abord La révolte du pronétariat), on peut
estimer que ce projet illustre une philosophie qui, appliquée à un enjeu
pratique, induit un objectif bien défini.
Application pratique :
coZop présente deux
« versants » : le côté lecteur et le côté auteur. Techniquement,
suivant l’évolution brièvement rappelé plus haut, coZop ne serait effectivement
pour le simple lecteur qu’un agrégateur amélioré d’articles de blogs, avec donc
des fonctions de social reading (présentation sous forme de magazine
personnalisé que l’on peut partager : c’est l’aspect club de lecture géant
qui est mis en avant).
Or l’innovation de coZop
se place sur l’autre versant de la communauté : celui des auteurs. coZop
est une plateforme de republication
de contenus, qui rémunèrera les auteurs
au prorata des bénéfices générés par leur contenu. Sa fonction est bien alors
de soutenir les créateurs de blogs et de sites web. Bien que coZop soit une
société commerciale et que l’origine de ces revenus ne soit pas explicite dans
leur présentation, on peut voir que c’est là qu’un contre-pouvoir tente d’être
mis en place.
L’objectif de ce modèle économique est d’utiliser les blogs comme moyen d’action et non plus seulement comme moyen
d’expression.
L’ouverture de coZop est
prévue pour janvier 2008. La suite montrera si le pari aura été tenu.
1. Le site de coZop est en
version test. Une présentation y est faite du projet, avec des explications supplémentaires dans son blog.
2. Le blog de Thierry
Crouzet, Le peuple des connecteurs, est très instructif. Il explique très
clairement les enjeux du participatif.
La chouette histoire d' Etienne Chouard
Voici quelques mots d'une histoire que certains peut-être ne connaissent pas encore, mais qui pourtant en dit long sur les mutations du paysage médiatique que l'on a connu depuis quelques années. Etienne Chouard est un citoyen qui se dit sans appartenance politique. Membre de la société civile, professeur d'éco-gestion (ou d'informatique, selon les sources), mais qui en plus d'avoir édité comme des centaines de milliers de Français ses "pages perso" à partir de l'espace donné par son fournisseur Internet, possède maintenant une page sur Wikipédia... ce qui est moins commun.
Petit historique.
En 2005, au début de la campagne référendaire sur la Constitution européenne, le "oui" est donné gagnant par les sondages. En plus de la faveur des électeurs, le vote positif a celle de la majorité des personnalités politiques, mais aussi de beaucoup d'intellectuels et de journalistes notamment. Pourtant certains, par le biais d'Internet, accusent les médias traditionnels de partialité: radio, télévision, presse écrite auraient perdu leur crédibilité en soutenant ouvertement et sans esprit critique le "oui". La Toile devient donc un lieu de réflexion active et citoyenne. Blogs et sites personnels attirent de plus en plus d'Internautes, à la recherche d'une pensée alternative: dans ce contexte, les pages d'E. Chouard -joyeux fouillis informationnel qui traite de ses passions pour l'informatique, le parapente, sa famille et le "non" (....y a-t-il un lien entre les 4 éléments??...)- reçoivent plusieurs dizaines de milliers de visites par jour, les Internautes se passant le mot entre eux sur les forums et les listes de diffusion. Le succès est tel que l'on voit l'homme sur les plus grands médias nationaux: le Monde, Libération, Marianne, France Inter etc... expliquer son point de vue et les raisons de son succès: les médias traditionnels musèlent les citoyens.
Un impact nouveau du Net sur la vie politique.
DSK, soutien du "oui", répond par un argumentaire en avril 2005 dans son blog: " Internet a pris une dimension nouvelle dans cette campagne pour le traité constitutionnel, pour le meilleur et parfois pour le pire. Beaucoup d'internautes m'ont écrit pour me signaler que circulait sur des forums, ou par mails, l'argumentaire d'Etienne Chouard : "Une mauvaise constitution qui révèle un secret cancer de notre démocratie"."
DSK conclut: " Je vous invite à relever sur ce blog toutes les incorrections qui se propagent sur internet et à faire circuler autour de vous des textes aussi clairs et pédagogiques que possible!"..... mais le Web citoyen était en marche. Et on connait le résultat des urnes.
Le site de Chouard totalise aujourd'hui 1,5 Million de visites. Il reste actif et continue à se faire écho d'un certain point de vue politique.
Ce succès, me semble-t-il, interroge le professionnel de l'information à plusieurs égards:
- la question incontournable de la fiabilité de l'information, de l'expertise et de l'autorité du producteur d'information: en effet, E. Chouard a lui même reconnu des erreurs factuelles dans ses arguments (cf. blog DSK), et même s'il les a corrigées, l'interrogation reste pertinente: quelle fiabilité donner à l'information de celui qui n'est qu' usager et pas spécialiste ou professionnel dans un domaine ou une discipline? Les arguments d'E. Chouard valent-ils ceux d'un analyste politique? En outre, les éléments d'identification de l'auteur et de son statut sont absents (ou invisibles) sur le site qui nous concerne: comment savoir d'où vient vraiment l'information?
- la question également du rôle d'internet comme média citoyen: Internet sert-il la démocratie en permettant au citoyen de s'impliquer dans l'information, la réflexion et l'opinion politique, éléments de la vie politique? Le professionnel de l'information doit-il favoriser la diffusion de ce type d'information du Web 2.0, dans une optique de partage de l'information (cf. MF Blanquet) et de valorisation de la pluralité et du pluralisme des sources? Ou doit-il préserver ses usagers (surtout si ce sont des élèves) de l'infopollution, de la désinformation et des sources non fiables?
Pour un historique factuel (difficile à trouver) on pourra se reporter à la page Wikipédia (bien sourcée et documentée) d'Etienne Chouard.
20 novembre 2007
Digg, l’information du Web au filtre des internautes
Il est amusant de remarquer que la prolifération d’information sur le Web, et notamment sur les sites d’information 2.0, a poussé certains de ces mêmes internautes du Web 2.0 à trouver des solutions pour filtrer les ressources et permettre aux usagers de s’y retrouver...
C’est pourtant l’une des idées fondamentales
du site Digg, fondé en 2004. Digg se veut un endroit
"pour découvrir et partager des contenus du web tout entier", où les usagers
déterminent eux-mêmes la valeur du contenu, sans éditeurs. Le but:"changer la façon dont les gens consomment l'information
en ligne". Le principe est simple : les internautes membres de Digg
forment une communauté ; si l’un d’eux trouve une page qu’il juge digne
d’être partagée avec d’autres, il la fait paraitre sur le site de Digg (section
« Upcoming Stories ») et la soumet aux suffrages des autres (Digg
comme outil de découverte) ; le sort du document dépendra du nombre de votes
(« diggs ») qu’il aura reçu (pas assez = exit ; beaucoup = les
lauriers : direction les pages d’accueil…). Le simple lecteur est donc
invité à participer activement (en cliquant…) «à un processus éditorial
collaboratif» (Digg comme outil de sélection), à mettre en avant des
ressources, à valoriser l’information. Il peut également également se
constituer un réseau communautaire, selon ses centres d’intérêt (Digg comme
outil de partage), et dialoguer par messagerie en réaction à l’information,
échanger grâce aux commentaires (Digg comme outil de discussion).
Le site Internet du New York Times propose même à chacune de ses pages un raccourci Digg pour faciliter la tâche de ses lecteurs...
Voilà donc une façon originale de découvrir l’information sur le Net, où les internautes se basent sur les découvertes de leurs pairs, où le filtre de la communauté est envisagé comme une force capable de remplacer une équipe éditoriale pour hiérarchiser du contenu, valoriser ou non sa pertinence.