17 décembre 2007
Brève de dernière minute: "zefab" devient le "Pass Recherche sur Internet"
Nouvelle version du "centre de recherche"-portail à vocation pédagogique zefab. Celui-ci est disponible dans une nouvelle version et devient: le Pass Recherche sur Internet. Ci-joint une capture d'écran. Promis promis, j'essaie la chose au plus tôt. Il me semblerait toutefois que la nouvelle interface a perdu en clarté.
Voici en tout cas ce qu'en dit son créateur, Fabrice Jacob, dans un mail qu'il demande de diffuser (c'est moi qui souligne):
"Je me permets de vous informer de la mise en ligne d'une nouvelle version de
mon site à cette adresse :
http://passinternet.zefab.info
Elle complète la précédente à laquelle elle ne se subsitue pas. Les outils
de recherche sont mieux catégorisés. En outre, il existe une version mobile,
et même une version "widget" http://passinternet.zefab.info/widget.htm
intégration sous Netvibes dans un module "pages html" (pour ceux qui connaissent netvibes). Je vous informe par ailleurs que le site a obtenu le niveau 4 de page ranking de Google. Je vous en laisse faire la découverte et vous encourage à relayer cette information autour de vous.
Bien cordialement,
Fabrice Jacob
pour
"
Pour ceux qui cherchent également un peu de chaleur et de rire dans cet journée de froid agressif, je signale l'interface sympa d'un moteur que je ne connaissais pas:
16 décembre 2007
Faux débats: darwinisme et créationnisme
Kit de survie en cas d’attaque
idéologique
Comme gestionnaire
du CDI, les enseignants documentalistes ont la responsabilité de veiller à la
diversité, à la pluralité et au respect de l'objectivité de la composition du
fonds ; ils ont aussi le devoir de signaler à la communauté scolaire la
présence de documents "litigieux" et d'informations
"incertaines"
Warzager, Daniel. Pour une charte professionnelle des
acquisitions dans les établissements scolaires.
Inter-cdi, septembre/octobre 1999, n°161, p.13-15
L'Assemblée invite les instances éducatives dans les Etats
membres à promouvoir la connaissance scientifique et l'enseignement de
l'évolution et à s'opposer fermement à toutes les tentatives de présentation du
créationnisme en tant que discipline scientifique
Les
dangers du créationnisme dans l’éducation. Rapport élaboré par le
comité sur la culture, la science et l'éducation du Conseil de l’Europe, 8 juin
2007
Je
ne suis pas « scientiste », je ne pense pas que la science soit la
seule voie où chercher des réponses. Pourtant, avoir clairement conscience des
limites du domaine scientifique permet de ne pas accepter de les voir franchies
dans un dessein de tromperie évidente. Entre autres tentatives de fondre la
pensée rationnelle dans un magma où tout est égal, y compris le pire, les
attaques récentes utilisant le créationnisme sont exemplaires. Il m’a donc
semblé nécessaire d’éclairer quelques points fondamentaux qui manquent souvent
cruellement au débat.
1) Qu’est-ce qu’une
théorie scientifique ?
Donc :
- Une théorie
scientifique ne se juge pas en termes de vrai ou de faux : c’est sa valeur explicative qui la fait
accepter, jusqu’à ce qu’elle soit améliorée ou remplacée par une explication
plus efficace.
- Ce qui n’explique rien n’est pas de la science.
La
science utilise un outil : le raisonnement logique, et une démarche :
la méthode expérimentale. Cela veut dire que toute hypothèse est
systématiquement testée par
l’observation ou l’expérience, cette évaluation étant publique et
reproductible.
Donc :
- Toutes les
hypothèses imaginables sont possibles jusqu’à ce qu’elles soient passées au
crible de l’expérimentation, et celles qui sont retenues ne le sont que tant
qu’elles ne se trouvent pas encore contredites, ce qui est, on le sait peu,
l’objet d’une grande partie des efforts des chercheurs
- Une hypothèse qui ne peut pas être testée n’est pas
scientifique.
Donc
- Les arguments
d’un raisonnement scientifique sont validés par l’observation. Croyances,
rumeurs, mythes, idées fausses, bien que pouvant être étudiés en tant que faits
sociologiques, ne peuvent être utilisés comme arguments scientifiques.
- Tout ce qui n’est pas observable ou ne donne pas
lieu à des régularités ne peut être objet de science.
Nous
avons maintenant quelques critères pour déterminer ce qui est de la science et
ce qui n’en est pas.
Application
pratique :
2) Qu’est ce que le
darwinisme ?
Le
darwinisme est le cadre théorique qui, à ce jour, est le seul à fournir une
explication cohérente et vérifiable à l’ensemble des observations qui portent
sur le monde vivant et aux traces qu’il a laissées sur notre planète depuis
plus de 4 milliards d’années. Cette théorie permet de comprendre les relations
qui peuvent être établies entre les données issues de la géologie, de la
paléontologie, et de la biologie. C’est cet espect synthétique, à forte valeur
explicative, qui a été élaboré par Charles Darwin à partir de ses observations.
Il en a précisé le mécanisme : la sélection
naturelle par l’environnement des individus les plus aptes à assurer leur
descendance.
Précisons
que ce mécanisme, sur lequel on se trompe souvent, s’applique à des populations
et non à des individus isolés (il n’existe pas de « chaînon
manquant » entre deux espèces qui se succèdent), et sur des durées
généralement comptées en millions d’années.
Ce
n’est qu’ensuite que la génétique a montré sur quoi portait cette sélection
(les gènes), et de quelle façon elle pouvait expliquer les relations de parenté
(phylogénie) entre les êtres vivants actuels et disparus.
On
voit que :
- Le darwinisme,
dans sa forme complétée actuelle, explique
très largement tout ce qui est observé. C’est le but de la science.
- Les hypothèses
de cette théorie, contrairement à ce qui est souvent affirmé, peuvent être testées, par l’observation
et par l’expérience (par exemple l’évolution rapide de certains virus dûe à
leur grande variabilité) : la méthode scientifique est applicable.
- Cette théorie
repose sur de très nombreuses observations, faits et découvertes qui sont des arguments objectifs, de nature
scientifique
Conclusion : le darwinisme est
une théorie scientifique, valide et cohérente.
3) Qu’est-ce que le
créationnisme ?
Cet
énoncé n’a rien de criticable en soi. Il est évident que chacun a absolument le
droit de croire à ce qu’il veut. Mais pas celui de raconter n’importe quoi. En
effet, le créationnisme relève de la coyance et non de la science. Or vouloir mettre
ces deux domaines en opposition conduit très rapidement à s’apercevoir
que :
- Dire que Dieu
est la cause de tout n’explique rien :
c’est en contradiction avec le but d’une science.
- On ne peut pas tester cette
proposition : la méthode scientifique ne peut s’appliquer.
- Elle repose
sur un acte de foi, ce qui est respectable, mais ne peut en aucun cas être un argument scientifique.
Conclusion : le créationnisme
n’est pas une science.
Distinguer
science et croyance n’est pas toujours facile à expliquer. On est parfois
confronté (je l’ai été) à des élèves qui disent « ne pas croire » à
l’évolution, ou à une autre explication scientifique. On n’a pas à
« croire » en une théorie scientifique. Ce serait comme ne pas croire
à 2+2 = 4. Ce n’est pas une question de croyance : soit on accepte le
raisonnement scientifique, soit on ne l’accepte pas et on en tire les
conséquences, mais la science ne réclame
pas un acte de foi.
Certes la démonstration est facile. Alors pourquoi les discours créationnistes ou les ouvrages comme l’ "Atlas de la Création" sont-ils si difficiles à contrer ? Examinons ce cas rapidement. On verra que ce n’est même pas sur le contenu que la critique doit porter :
4) Le cas de l’ "Atlas de la Création"
Ce
livre a été largement distribué dans les milieux de l’enseignement de plusieurs
pays. A première vue, il propose de démontrer
l’absence de preuves de l’évolution des êtres vivants à partir de données observables.
Il
utiliserait donc l’outil de la science : le raisonnement logique, et
prétend se baser sur des observables identiques à ceux de la science. Or ce
n’est pas le cas.
Lorsqu’on
examine l’ouvrage, on s’aperçoit que l’abondante iconographie ne sert
absolument pas à présenter des preuves sur lesquelles se baserait
l’argumentation, mais simplement à illustrer des ressemblances, des idées
fausses et des croyances induites par l’ignorance du grand public. C’est bien
sur ces arguments-là que porte le raisonnement, or ce ne sont évidemment pas des arguments scientifiques, mais des
artifices de bonimenteur.
Il
n’est alors même pas besoin d’insister sur l’ignorance flagrante, volontaire ou
non, des bases les plus simples de la biologie et de la théorie de l’évolution,
qui confine au ridicule : aucune échelle de temps cohérente, silence total
sur le mécanisme de sélection naturelle, mélange volontaire d’arguments de
nature différente, etc… L’effarant amalgame entre darwinisme, fascisme,
communisme et terrorisme montre bien que le propos n’a rien de scientifique.
Critiquer l’ouvrage sur son contenu en devient inutile, c’est sur son
intentionnalité qu’il faut s’interroger.
Force
est de constater que ce contenu est uniquement idéologique et a pour seul but non de convaincre par un
raisonnement qui éclaire, mais d’imposer une vision personnelle en jouant de
l’ignorance des destinataires.
5) Que faire ?
Résumons-nous.
Vouloir présenter sur le même plan darwinisme et créationnisme est une absurdité. L’une est une théorie
scientifique, l’autre une idéologie religieuse. Les deux ont leur domaine de
validité, mais on ne peut en aucun cas les opposer. Les autorités religieuses
s’y refusent d’ailleurs toutes. Ce serait en effet une grave erreur à l’égard
de l’une comme à l’égard de l’autre. Malheureusement, le faire relève le plus
souvent pour le moins d’une malhonnêteté intellectuelle tout à fait volontaire,
et dangereuse pour le citoyen.
Lorsqu’en
tant qu’enseignant, mais aussi en tant qu’adulte, nous sommes confrontés à ce
genre de questions, je pense qu’il convient d’éviter absolument deux
pièges :
- réagir avec
passion (indignation, mépris) : on ne peut alors plus revenir sur le
terrain de la raison, et la bataille est perdue avant même d’avoir commencé.
C’est pourquoi j’ai improvisé ce petit argumentaire qui se veut fondé sur le
savoir et l’objectivité.
- accorder a
priori que « chacun a le droit de penser ce qu’il veut ». Je dis bien
penser et non croire. C’est faire alors de tout discours, scientifique ou non,
une opinion égale à toute autre.
C’est l’une des principales stratégies utilisées par les idéologies qui veulent
détourner du vrai débat pour pousser à un faux débat (deux théories qui sont en
concurrence, ce qui est faux). Tomber dans ce piège est toujours
catastrophique.
Pour
terminer, j’insisterai sur ce point : la censure, s’il doit y en avoir une
(et cela relève de notre responsabilité envers les futurs adultes que nous
accompagnons), intervient sur le
procédé, la malhonnêteté intellectuelle, avant même d’intervenir sur le
contenu.
Une
connaissance insuffisante de ce qu’est fondamentalement la science, dans le
grand public, laisse la porte ouverte à des opérations de manipulation de tout
ordre. On comprendra bien que ce n’est pas le créationnisme en tant que
croyance qu’il faut combattre avec acharnement, mais toute tentative de tromper
l’esprit humain par le biais d’une parodie de l’autorité d’un discours
scientifique. En cela, les offensives créationnistes ne portent pas du tout
contre l’évolutionnisme, mais bien contre le droit fondamental de l’Homme de
former librement sa conscience.
On consultera avec grand
profit le rapport sur ce sujet fait au
Conseil de l’Europe en juin
2007:
http://www.assembly.coe.int/Mainf.asp?link=/Documents/WorkingDocs/Doc07/FDOC11297.htm
Et une présentation
complète de la théorie de l’évolution
par Hervé Le Guyader, spécialiste de l’évolution et auteur, avec Guillaume
Lecointre, d’une passionnante classification
phylogénétique du vivant :
http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/dosevol/decouv/articles/chap1/leguyader.html
Enfin, tous les ouvrages du regretté Stephen Jay Gould, l’Umberto Eco de la biologie, sont un régal pour l’esprit.
15 décembre 2007
Barbara par Barbara
Cette année, on célèbre les 10 ans de la mort de Barbara! Les gentils jurés de l''épreuve orale de STD penseront-ils à nos compétences documentaires pour trouver des ressources indispensables à cette commémoration?? Toujours est-il que c'est moins lourd que l'année dernière où il a fallu lire l'oeuvre entière de René Char pour être à la page, et grâce à Deezer je peux combler rapidement mes lacunes musicales!
Ci-joint donc une chanson de l'artiste, celle que nous a envoyé il y a quelques jours Laurent, interprétée alors par Bénabar... alors si une écoute comparative vous tente.....
Mayer et Bettle, ou les Creative Commons en images!
Récit d'un rite de passage vers... Creative Commons.
Voilà plusieurs jours que j'y pensais: mettre le contenu de ce blog sous licence Creative Commons. Non que je pense que les propos du Docablock doivent être diffusés le plus largement pour apaiser les maux de la planète 2.0 souffrante, mais il me semblait que c'était une idée qui pouvait être intéressante que d'expérimenter ce dont même les médias généralistes parlent de plus en plus, et éventuellement d'en faire un récit aux "apprentis-documentalistes 2.0"...
Les licences Creative Commons deviennent incontournables sur Internet. Qui n'a pas vu, au détour d'une page, ce logo
?? Incontournables sur le Web, incontournables donc pour le documentaliste, en perpétuelle veille juridique... Indispensables à connaître également pour le préparationnaire zélé au CAPES de documentation....
Il ne faut pas confondre le phénomène des Creative Commons (CC) et les logiciels libres. Un site ou une page Internet sous CC n'est pas "libre de droits", au sens des licences de logiciels comme la General Public License (GPL), bien que l'inspiration soit évidente.
Selon le site du projet lui-même, "Creative Commons propose des contrats-type pour la mise à disposition d’œuvres en ligne". Ces contrats sont flexibles. En effet, droit d'auteur et copyright traditionnels stipulent que, quelque soit son support, "toute exploitation d'une œuvre (hors domaine public et exceptions)
nécessite d'obtenir l'autorisation des titulaires de droit avant de pouvoir
la reproduire, la diffuser sur les réseaux peer to peer ou autrement, ou
l'adapter.
" "En revanche, les licences Creative Commons autorisent à l'avance le public à
exercer ces actes, selon certaines conditions".
Il s'agit d'adapter le droit d'auteur à Internet, gigantesque jungle informationnelle (dans tous les sens du terme) où le droit se perd souvent dans la masse des ressources produites... Le Réseau a permis une diffusion jamais égalée de l'information et de la culture sur notre planète. Un des aspects les plus essentiels de la philosophie des CC, c'est que ces connaissances et ces informations doivent être partagées de la façon la plus large. L'enjeu est d'autant plus important quand l'on a en tête les arguments de l'UNESCO concernant la société de la connaissance. Pour autant, l'auteur et ses créations doivent être respectés: chacun a le droit d'empêcher une exploitation commerciale de son œuvre, ou faire mentionner son nom en cas d'emprunt intellectuel, s'il le souhaite. C'est cette cohabitation de deux droits, le droit DE l'information et le droit A l'information, que souhaitent opérer les Creative Commons.
La grande originalité est de permettre avant d'interdire. Selon JP Archambault, du Scérén, spécialiste des logiciels libres dans l'éducation, "Creative Commons renverse le principe de l’autorisation obligatoire. Il permet à l’auteur d’autoriser par avance, et non au coup par coup, certains usages et d’en informer le public. Il est autorisé d’autoriser. Métalicence, Creative Commons permet aux auteurs de se fabriquer des licences, dans une espèce de jeu de LEGO simple, constitué de seulement quatre briques":
- Paternité
- Pas d'Utilisation Commerciale
- Pas de Modification
- Partage à l'Identique des Conditions Initiales
6 contrats en découlent, au niveau du droit français. Le créateur d'une œuvre sur Internet qui souhaite bénéficier des CC doit faire son choix parmi eux. Comment faire?? en exclusivité, mon récit.
- Je me rends sur la page des CC, en français.
- On me propose de choisir la licence qui me convient; je remplis 3 puces....
- Et on me propose un contrat. Je choisis un logo. Je copie un morceau de langage html.
- Je vais sur le Docablock, je le colle à la fin du code source général. C'est fait......
Les conditions juridiques de l'exploitation de ce blog sont maintenant disponibles en bas de celui-ci. Cliquez sur le lien hypertexte, et vous saurez ce que vous pouvez faire et ne pas faire si vous ne voulez pas passer l'hiver en prison à manger des oranges et à boire du Tropicana (marque déposée)... : -)..........
Voilà une activité qui pourrait me semble-t-il être menée avec des élèves, par exemple sur le blog du CDI, et constituerait une façon ludique de familiariser les élèves avec le droit de l'Internet, qui peut également devenir leur(s) droit(s) de producteurs d'information!...
11 décembre 2007
Planisphère du monde du livre électronique
Vu sur le blog à Klog (quasiment aussi difficile à prononcer que le Docablock....), cette carte heuristique encyclopédique intitulée "Du livre au livre électronique", et qui présente rien de moins qu'un panorama très large du paysage informationnel à l'heure du livre électronique. Intitulé "Du livre au livre électronique", cette "mindmap" va porter très loin ses ramifications:
- rappels historiques
- le livre numérique a 35 ans
- E-bibliothèque
- E-librairie
- E-auteurs
- E-édition
- E-problématiques
sont les grandes catégories abordées, synthèse des lectures de l'auteur, Clotilde Vaissaire, documentaliste indépendante.
Un moyen original pour la synthèse, la mémorisation... mais aussi la réflexion autour des mutations du livre.
Illustration (CC):
Jean-Luc Deladrière
http://www.petillant.com/article55.html
10 décembre 2007
Haro sur le dahu!
Si le chien est le plus fidèle compagnon de l'homme, le dahu, au contraire, n'est vraiment pas un animal fiable.... Dans sa séance pédagogique "Un dahu au bahut sans tohu-bohu" (2004), Brigitte Pierrat, enseignante documentaliste au collège Langevin-Wallon à Rosny-sous-Bois, utilise cet animal imaginaire pour une activité pédagogique autour de la fiabilité de l'information. Cette séance est déjà ancienne, mais pleine d'imagination, ambitieuse, et en plus de son intérêt propre, mérite d'être connue comme outil pour éduquer les élèves aux problèmes de fiabilité de l'information.
Il s'agit d'une séance unique d'une heure permettant à des élèves de 3ème de valider certains items de leur B2I collège (2 items du B2i du domaine 4 : S'informer, se documenter
C.4.4 : Je sais relever des éléments me permettant de connaître l’origine de l’information
C.4.5 : Je sais sélectionner des résultats lors d’une recherche (et donner des arguments permettant de justifier mon choix)
en collaboration entre le documentaliste et l'enseignant de technologie.
Il s'agit pour le documentaliste de travailler avec l'élève sur la notion de fiabilité ("quelle confiance puis-je accorder à cette ressource?"), à l'heure de l'information sur Internet (pages "perso", problème de l'expertise, difficulté d'identifier la source, désinformation etc....).
La grande originalité de la séance est que les élèves sont mis en situation pour évaluer des sites... pas très orthodoxes... vous pouvez lire ici le détail de la séance, et si vous vous prenez au jeu... essayer de vous amuser à tester les sites! (attention, certains liens ne sont aujourd'hui plus valables)
http://www.livres-montagne.com/dahu.htm
http://honneur.au.scoutisme.free.fr/textes/dahu/dahu.htm
http://www.ledahu.net/
http://www.vidonne.com/html/dahu-reignier.html
http://dahu.com.free.fr/
http://pedagogie.ac-aix-marseille.fr/etablis/ecoles/nevache/Alphabet/D.htm
Une fois que les élèves ont répondu aux questions visant à savoir, si oui ou non (et pour une fois, c'est Wikipédia qui dit toute la vérité....!), le dahu existe, les élèves sont conduits à élaborer des critères, à faire ressortir des indices permettant de juger de la validité d'un site. On leur projette pour les aider ce diaporama -: sur quels éléments bibliographiques puis-je me baser? quelle présentation/ organisation du site? quel contenu, en fonction de quel public? etc...- sont des questions que les enseignants souhaitent faire émerger.
Les grilles d'analyse présentées aident l'élève à trouver les indices pertinents. Le but étant bien entendu de rendre l'élève vigilant dans sa recherche d'information sur les réseaux.
Pour plus de détails sur la fiabilité de l'information en contexte pédagogique, voir l'entrée "validation des sources" du "Petit dico de l'info-doc"...
A ne pas SURTOUT pas manquer également, ce film pseudo-scientifique réalisé à l'aide d'images de synthèse par des étudiants de Sup de Com....... complètement stupide mais tellement attachant, comme animal... Vous vous imaginez faire travailler des élèves de 3ème sur cette ressource??
08 décembre 2007
Langages documentaires: le retour.
Une petite communication pratique pour commencer: il est vrai que mes cartes conceptuelles, que je mets en 2 formats (image-PNG et PDF), n'arrivent pas après publication sur le blog avec la résolution graphique désirée... C'est le cas pour le format image-PNG. Pour plus de netteté visuelle, je vous conseille donc de privilégier le format PDF, en utilisant le zoom jusqu'à obtenir l'angle désiré!
Retour aux choses sérieuses: les langages documentaires, 2. Dans l'épisode précédent, nous avions vu comment Bruno Menon, enseignant en sciences de l'information, avait eu l'audace d'écrire un article dans le dossier sur "L'évolution des langages documentaires" paru dans les DIE de décembre 2004. Son texte, intitulé "L'héritage classique", voulait montrer la continuité entre les langages documentaires classiques (classifications encyclopédiques, thésaurus....) et les langages documentaires qui sont développés à l'heure de la société de l'information, du document numérique et de l'Internet (classifications originales proposées par les annuaires Web, taxonomies d'entreprise sur mesure...).
Le 3ème texte du dossier est susceptible de nous intéresser fortement. Intitulé "Des fonds éditoriaux structurés pour améliorer la lisibilité du Web éducatif", l'auteur en est Nicole Rodriguez, du Scérén- CNDP (le Scérén est un réseau national justement dédié à la publication et à la diffusion de ressources pédagogiques...).
Petit résumé-analyse, donc...
Le document électronique sur Internet a une caractéristique double:
il peut contenir en lui-même sa description documentaire (indexation) et sa structure éditoriale (dans les métadonnées), mais paradoxalement la force des moteurs de recherche leur vient, non de cette spécificité mais de l'actualisation permanente du contenu même des pages que permet une indexation plein texte... En effet, la recherche sur Internet met l'usager de l'information au centre du dispositif de recherche, car c'est lui qui construit sa requête: le moteur de recherche explore alors "un fonds chaotique formé de milliards de pages et fournit d'immenses listes de résultats qu'il faut explorer un par un". On est dans une situation de bruit documentaire, toute différente du contexte de recherche dans des fonds éditoriaux locaux ou physiques: dans un CDI, dans une bibliothèque, par exemple, l'usager s'adresse à un professionnel de la documentation qui agit comme médiateur, élabore une stratégie de recherche et explore un fonds documentaire "construit et organisé en fonction de besoins pédagogiques" (politique d'acquisition). Cela donne une sélection limitée de documents, mais pertinente. Comment faire pour permettre à la recherche d'information sur Internet de se rapprocher de cette pertinence de résultats?
Jusqu'à présent, en effet, les professionnels de l'information s'occupaient de constituer et d'organiser des fonds documentaires. Cette démarche, appliquée à Internet, a donné les listes de signets (comme de la BNF ou de la BPI), les portails thématiques ou disciplinaires, ... , mais reste d'une efficacité limitée, l'expérience des sites Educasource et Educlic, du CNDP, l'a montré: en effet, voulait-on construire un annuaire répertoriant les unités documentaires, ou un moteur permettant l'accès au document lui-même? Aujourd'hui ces deux sites se sont fondus dans la base Educasources, qui décrit un nombre restreint de ressources pédagogiques à l'aide de métadonnées. Ce n'est pas la direction prise par les moteurs de recherche généralistes, qui donne accès à un contenu riche et constamment mis à jour, mais avec une "intelligence" limitée: en effet l'indexation automatisée "ne peut porter que sur des éléments présents dans le texte": elle constitue des index inversés à partir de chaînes de caractères repérées par le robot ("spider"), ne traitant ni du contenu (par exemple les points du système scolaire) ni du niveau (la classe) ni de la discipline.
Pourtant des travaux visent à transformer ce Web en un Web sémantique: le moteur agirait au niveau du document lui-même (unité documentaire et non page Web), l'indexation permettrait une hiérarchisation de l'information et l'utilisation de descriptions documentaires (thésaurus, mots-clés etc...). Chaque document pourrait devenir ainsi un "objet pédagogique" accompagné de sa description documentaire dans ses métadonnées ; d'où l'importance d'initiative visant à en standardiser la forme, comme les "schémas de métadonnées" du Dublin Core Educative et du LOM (Learning Objects Metadata, métadonnées des objets d'apprentissage).
L'éditeur de ressources électroniques pourrait ainsi se voir confier 2 nouvelles tâches primordiales:
- une fonction d'indexation, traditionnellement effectuée a posteriori par le documentaliste, qui s'intègrerait a priori, dans l'acte d'édition.
- en vue d'intégrer la ressource dans un "fonds éditorial partagé".
Bien entendu, des fonds à vocation éducative existent déjà: sites ministériels, CNDP, CRDP, grands sites institutionnels comme celui de la BNF etc... . Mais l'absence de règle de mutualisation des ressources empêche la constitution d'un fonds éditorial éducatif global, qui permettrait l'adéquation entre des besoins éducatifs et une offre éditoriale. Prendre en compte l'utilisateur obligera donc l'éditeur "à inscrire ses publications dans des chartes éditoriales".
Evitons toutefois une double illusion:
- l'idée que l'on pourrait construire un paysage éditorial convenant à la totalité du monde éducatif. Il va falloir en effet segmenter les publics, évaluer les besoins, "définir des scénarios d'accès adaptés", par exemple à partir des programmes scolaires existants et des documents d'accompagnement.
- l'idée que l'ensemble des éditeurs de ressources éducatives électroniques va adhérer d'emblée à la mutualisation de leur fonds dans un pôle public. Toutefois on avance sur cette voie, avec notamment des bouquets éditoriaux comme le CNS (canal numérique des savoirs) et le KNE (kiosque numérique de l'éducation), que l'on peut d'ailleurs tester grâce au point d'accès Wizwiz jusqu'au début 2008.
L'Education nationale, qui est l'institution prescriptrice, a donc son rôle à jouer pour homogénéiser l'offre et la rendre adéquate aux besoins; elle le fait autour d'un projet comme le SCHENE (schéma de l'édition numérique pour l'enseignement). Elle peut également jouer un grand rôle dans la centralisation et la diffusion des ressources, dans des bases comme MURENE (mutualisation des ressources pour l'éducation, pour plus de détails voir ici).
Mais l'essentiel sera de toujours viser la simplicité d'accès (dans la recherche documentaire notamment), d'usage (nécessité de formation des usagers) et d'édition (notamment en utilisant l'intelligence artificielle pour "alléger les tâches d'indexation des producteurs de contenus")....
05 décembre 2007
La galaxie des langages documentaires
Voici une carte conceptuelle que j'ai réalisé pour mettre au clair et mémoriser les principaux langages documentaires. Le schéma n'est pas exhaustif; il ne contient aucune allusion à l'indexation sociale (folksonomie), il me semble donc très "orthodoxe" pour un concours. Alors, si vous vous sentez seul dans l'immensité de l'univers des langages documentaires, peut-être que cette "galaxie" vous permettra de retrouver l'"ordre du monde"... en version "psychédélique" bien sûr...
En PDF: Les_langages__documentaires
04 décembre 2007
Journée spéciale: "Langages documentaires"
Aujourd'hui journée spéciale "langages documentaires" sur le Docablock Blog. N'oubliez pas que vous pouvez à cette occasion gagner un exemplaire de la "Dewey abrégée". Pour cela il vous suffit de m'écrire. Dites : "Langages documentaires" et répondez à la question suivante:
"Combien de postes y a-t-il cette année au CAPES externe de documentation?"
Attention aux pièges, analysez et définissez bien les termes du sujet!
Quelle place des langages documentaires dans l'univers informationnel du Web d'aujourd'hui? C'est à cette question de l'évolution des langages documentaires que tentent de répondre selon des points de vue différents 3 articles de fond publiés dans les Dossiers de l'ingénierie éducative, n°49 de décembre 2004. Un numéro d'ailleurs primordial pour notre réflexion (presque tous les articles nous intéressent) et intitulé "La fonction documentaire au cœur des TICE".
Internet, c'est un gigantesque réservoir d'informations ; c'est en même temps un espace virtuel où coexistent des milliards de documents hétérogènes, de tailles et de qualité différentes. Le Web 2.0 a facilité les possibilités d'édition, multipliant les producteurs d'information via les blogs et les wikis, les mettant en même temps souvent hors de tout contexte éditorial. Les relations hypertextuelles qui permettent de sauter au grès de sa fantaisie d'une page à l'autre ont remplacé les structures hiérarchiques et rigides des classifications des connaissances. Ces milliards de pages sont maintenant le domaine de la recherche "plein texte" rendue possible par l'indexation automatique des moteurs de recherche. Quelle pertinence de la documentation et de ses outils, et notamment les langages documentaires (classification, thésaurus etc...) dans ce contexte?
Bruno Menon est enseignant en sciences de l'information. Dans le premier des 3 articles ("L'héritage classique"), il montre que les langages documentaires classiques gardent tout leur intérêt dans le contexte actuel et qu'il faut envisager l'évolution en terme de continuité. Jacques Chaumier, spécialiste de la question, affirmait d'ailleurs en 2000 dans Archimag que "les langages documentaires n'ont pas bougé". En effet, il n'y a pas eu de nouveauté radicale dans ce domaine depuis l'invention des thésaurus à la fin des années 50.
Toutefois, et même sans créations, l'évolution est réelle et continue. L'apparition de nouveaux langages et leur évolution s'est toujours fait par le passé en fonction de nouveaux besoins documentaires dus aux mutations culturelles ou technologiques, qui obligeaient les professionnels de l'information à repenser l'organisation et l'accès aux connaissances. Le langage documentaire ne prospère que s'il est adapté à sa mission.
Alors que la mutation technologique induite par Internet aurait pu laissé penser à une révolution des langages documentaires, le développement très rapide de la recherche sur le texte intégral permise par les moteurs de recherche a conduit de nombreux analystes à prédire la "mort des langages documentaires"... Toutefois, ces outils qui utilisent des procédés statistiques d'indexation automatique, indexation opérée par des robots, n'ont pas permis de se libérer de ce pour quoi ont été inventés les langages documentaires : éviter synonymies et ambiguités du langage naturel.
D' autant plus que ces outils d'analyse linguistique ne sont pas ou peu inclus dans les moteurs de recherche grand public, qui permettent "tout au plus de vérifier la présence ou la coprésence dans une ressource d'un ou plusieurs mots". Les grands réportoires ou annuaires du Web, comme Yahoo! Directory ou l'Open Directory Project, utilisent quant à eux un système de classification inspiré par les bonnes veilles classifications encyclopédiques style Dewey. Le principe de navigation hiérarchique est parfaitement adapté à leur mission. Malgré tout, créer sa propre classification "maison", qui préfère souvent la polyhiérarchie à la monohiérarchie (ainsi l'annuaire Yahoo! fait de la catégorie "Développement durable" à la fois une subdivision de "Développement économique" et de "Protection et préservation"... chose impensable dans la Dewey), est le plus fréquent et le plus simple, préféré par beaucoup de répertoires et de portails à la Dewey.
Cela révèle, "quand même", un intérêt toujours vivant pour les formes de langages classiques, comme le montre également la croissance importante des nouvelles taxonomies d'entreprise, ces "systèmes d'organisation des connaissances" mis au point au sein et pour l'entreprise : elles sont conçues pour "refléter et projeter une conception des métiers, des savoir-faire, des modes de fonctionnement de l'organisation, bref une culture d'entreprise", montrant par là que les langages documentaires sont définitivement sortis de la sphère scientifique et technique pour devenir des instruments de l'économie de l'information.
Les ontologies, enfin, sont les pierres angulaires de ce qui sera peut-être un jour le Web sémantique: "elles servent à recencer et à structurer la terminologie et les concepts d'un métier ou d'une discipline", en utilisant comme les thésaurus des relations sémantiques, mais beaucoup plus riches... Les possibilités de développement et d'utilisation de ces ontologies semblent très prometteuses , pour décrire et organiser les connaissances, notamment sur le Web avec OWL (Ontology Web Language). Mais là encore, "c'est toujours au final l'adéquation de ces langages à leurs conditions d'usage qui en garantit la pérennité"......
La suite du dossier sans doute demain... J'essaierai également de mettre en ligne le schéma synthétique sur les langages docs







